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En marge de Diên Biên Phu : Nous autres Puôc

Diên Biên Phu est le site de la première victoire d’un pays colonisé sur un pays colonisateur. Aujourd’hui, il est placé sous la tutelle administrative de la province de Diên Biên qui compte beaucoup de groupes ethniques minoritaires, dont les Puôc.

Le nom Diên Biên Phu a fait le tour du monde. Il figure dans les dictionnaires usuels d’un grand nombre de pays. Le Petit Larousse, par exemple, parle ainsi de la bataille de Diên Biên Phu : «13 mars - 7 mai 1954 : défaite française pour le Viêt-minh dans le haut Tonkin, suivie par les Accords de Genève, elle marque la fin de la guerre d’Indochine». Parmi les groupes ethniques minoritaires à Diên Biên, le groupe majoritaire est constitué par les Thai qui prédominent d’ailleurs dans le Tây Bac (Nord-Ouest) montagneux. L’un des groupes les moins nombreux, celui de Puôc, mérite d’être mieux connu des peuples frères du Vietnam et de retenir l’attention des ethnographes.

Une population de 23.000 personnes

Selon les recensements démographiques en 2009, les Puôc, au début appelé Xinh Mun, Xa ou Pua, comptent 23.278 personnes, présentes dans 22 des 63 villes et provinces. Ils appartiennent au groupe ethnolinguistique austro asiatique (Môn-Khmer). Ils comportent deux branches : les Dza et les Nghet. Ils habitent majoritaiement dans trois provinces Diên Biên, Lai Châu et Son La, régions à proximité de la frontière Vietnam-Laos et traversée par la rivière Noire.


Des vétérans vietnamiens visitent en mars dernier la colline A1, une des positions militaires les plus fortifiées dans la bataille de Diên Biên Phu en mai 1954.
Photo : VNA/CVN

Leurs hameaux qui regroupent chacun une dizaine de foyers sont disséminés dans l’enceinte des villages Thai. Les maisons des Puôc, paillotes sur pilotis, sont caractérisées par leur toit bombé rappelant une carapace de tortue. L’agriculture reste en partie primitive. Beaucoup de foyers pratiquent encore le rây (la culture sur brûlis) cultivant le maïs, le riz et le cotonnier. On emploie des instruments rudimentaires, même le houx et le bâton pour creuser des trous d’ensemencement.

La famille des Puôc est patrilinéaire, monogamique. Le marié doit habiter chez sa femme de six à huit ans pour servir sa belle famille avant de revenir chez lui avec se femme. Les femmes accouchent, accroupies près de l’âtre. Le cordon ombilical est mis dans un tube de bambou qu’on suspend en cachette à un arbre dans la forêt. Quand une personne est morte, on tire un coup de fusil pour annoncer son décès à tout le village. Un garçon de la famille jette trois cailloux de l’âtre sur l’autel des ancêtres pour exprimer la colère de Génie du Foyer à cause de la perte d’un de ses sujets. Le corps du mort est lavé avec une décoction d’herbes odorantes. On met quelques sapèques dans sa bouche, pour son voyage dans l’au-delà.

Animisme et polythéisme

La vie spirituelle des Puôc est marquée par l’animisme et le polythéisme. Le principal culte est réservé aux ancêtres, de deux générations, parents et grands-parents. Les ascendants à partir des arrières grands-parents sont devenus les esprits du rây et du hameau. L’autel des ancêtres occupe le coin d’honneur de la maison. Près de là, dans la cour, on dresse une petite case abritant l’autel des ancêtres de la belle famille.


Les Puôc appelé aussi Xinh Mun, Xa ou Pua, comptent 23.278 personnes, présentes dans 22 des 63 villes et provinces. Photo : CTV/CVN

Au temps de la colonisation française, le Puôc était le paria des parias. Menacé d’extinction par le colonisateur français, méprisé par les peuples frères, le peuple Puôc a été sauvé par la Révolution d’Août 1945 dirigée par l’Oncle Hô (1) qui avait libéré le pays et lui a rendu sa dignité. Depuis le gouvernement s’est efforcé de liquider l’arriération mais les progrès sont lents à cause des difficultés économiques nationales, de son isolement, de 30 ans de guerre et surtout des préjugés millénaires. Quoi qu’il en soit les Puôc, aux côtés d’autres minorités ethniques du Nord-Ouest ont participé avec enthousiasme à la guérilla contre l’offensive française, préparant le terrain pour Diên Biên Phu.

Nous publions ci-dessous un poème de cette époque écrit par un Puôc inconnu (traduction de notre regretté ami Georges Boudarel) :

Nous autres Puôc

Qui prétend que nous sommes niais,
Nous autres Puôc ?
Qui insinue perfidement
Que nous craindrions l’ennemi ?
Notre misère, notre faim,
La faute en est aux anciens chefs.
Sans coupe-coupe et sans tissu,
Comment avoir la vie facile ?
Nombreux pourtant sont chez nous
Les garçons à la flèche sûre,
Les filles à la navette habile.
Bien des gens montent dans nos hameaux
Pour des achats ou des trocs.
Notre bouche ignore les beaux discours
Tant de ruisseaux parlent pour nous !

Nos filles à nous, Puôc, n’ont pas de fleurs
Brodées dessus leurs jupes.
Leurs fleurs ce sont leurs lèvres
Et leurs yeux et leurs seins.
Que celui qui veut nous connaître
Ne craigne pas les sentiers raides.
Il entendra chez nous
Le chant des cordes et du bambou.
Etroites sont nos cases, mais vastes nos forêts.


Les filles Xinh Mun en fête. Photo : CTV/CVN


Aux jours de chasse,
Les furets et les quartiers de cerf
S’amoncellent dans nos cours.
Notre hameau de résistance
Caché en plein cœur de la jungle
L’ennemi peut venir renverser la montagne
Et raser la forêt
Jamais il n’en verra même une seule case.
Mais au retour sur son chemin nos guérilleros seront là
À l’attendre.


Pour nourrir l’Armée populaire,
Nous autres Puôc,
Nous avons plus de riz que quiconque.
L’Oncle Hô à notre tête,
Nous voilà devenus habiles,
Nous qui depuis toujours savions déjà
Faire tant et tant de choses,
Nous qui depuis toujours savions déjà
Faire tant et tant de choses. Bien autant que les Mèo !
Bien autant que les Tày !
Nous autres Puôc, nous aimons nos villages,
Et haïssons l’ennemi,
Nos mains sont patientes,
Nos cœurs pleins d’amour pour nos enfants.
À trop nous courber, le dos nous fait mal.
Le jour est venu de nous redresser.
À jamais.

Dien Bien Phu vu d’en face-Paroles de bộ đội

Publié en 2010 par les Éditions Nouveau Monde (France), Dien Bien Phu vu d’en face - Paroles de bộ đội comprend 271 pages. Cette œuvre permet de découvrir enfin Diên Biên Phu «de l’autre côté».

Plus d’un demi-siècle après la bataille de Diên Biên Phu (du 13 mars au 7 mai 1954) et pour la première fois, des témoins et combattants vietnamiens racontent. Dans le livre Dien Bien Phu vu d’en face - Paroles de bộ đội, les témoins sont de toute fonction et de tout grade. Les souvenirs du général Giap, commandant en chef des forces vietnamiennes, les paroles de simples travailleurs, infirmiers, soldats… sont restituées librement. Pour beaucoup d’anciens combattants français, l’ennemi n’avait pour visage que celui des can bô (cadres) aux discours politiques bien rodés ou ces bộ đội (soldats) endoctrinés.


Couvertures des livres +Histoires de ceux qui font l’histoire - Souvenirs de Diên Biên Phu (1954-2009)+ et +Dien Bien Phu vu d’en face - Paroles de bô đôi+. Photo : Dô Hà/CVN

Ce livre lève le voile sur une autre réalité de la vie de ces hommes et de ces femmes qui ont combattu sur le front et à l’arrière. L’ouvrage Dien Bien Phu vu d’en face - Paroles de bộ đội a été présenté à deux reprises en France par leurs auteurs. Il a aidé non seulement les historiens français, les personnes ayant vécu cette époque-là mais aussi la jeune génération qui ne connait pas cet épisode épique à avoir une vue plus claire et détaillée de cette bataille qui a changé le cours de l’histoire au Vietnam.

Une équipe de six auteurs

Dien Bien Phu vu d’en face - Paroles de bộ đội a été réalisé par une équipe de six journalistes vietnamiens, dont un ancien de Diên Biên Phu. Parmi les cinq autres auteurs, deux ont été formés au journalisme en France (à l’École supérieure de journalisme de Lille).

Monument commémoratif de la victoire de Diên Biên Phu dans la commune de Muong Phang, district de Diên Biên, province du nom éponyme.


Photo : Thanh Tùng/VNA/CVN

Selon la journaliste Dào Thanh Huyên, une des auteurs de ce recueil de témoignage, le vétéran Nguyên Xuân Mai a constitué une source d’inspiration qui a permis au groupe de parvenir à réaliser l’ouvrage. Pour elle, Dien Bien Phu vu d’en face - Paroles de bộ đội est le résumé du livre en vietnamien intitulé Chuyện những người làm nên lịch sử - Hồi ức Điện Biên Phủ (1954-2009) (Histoires de ceux qui font l’histoire - Souvenirs de Diên Biên Phu). «Ce livre en vietnamien a été publié en 2009 par les Éditions de la politique nationale au Vietnam à l’occasion de la célébration du 55e anniversaire de la victoire historique du pays», a fait savoir Dào Thanh Huyên.

Récits et souvenirs des vétérans

Si dans le livre en vietnamien l’on trouve les récits et souvenirs de 161 témoins, dans le livre en français, le nombre de témoins a été réduit à 88. «Les histoires racontées par les anciens combattants de Diên Biên Phu sont toutes intéressantes et vivantes. Mais, dans le cadre du 2e livre +Dien Bien Phu vu d’en face - Paroles de bộ đội+, nous avons été obligés de sélectionner les recits que nous pensions les plus lisibles, les plus «parlants» pour les lecteurs francais et francophones, qui ne connaissent pas forcement la bataille», a expliqué Dào Thanh Huyên. Et de rappeler que d’autres ouvrages sur cette bataille ont été publiés en France précédemment, mais uniquement du point de vue des vétérans français.

Ces deux livres confèrent au groupe d’auteurs dont un sentiment du devoir accompli. Ils ont, en quelque sorte, apporté leur pierre à l’édifice du trésor des œuvres relatant la bataille de Diên Biên Phu.

Le quêteur de lotus

Trân Bich est businessman de profession et artiste-photographe de passion. Le lotus occupe une place centrale dans son travail et il n’hésite pas à se mouiller - au sens propre - pour ramener des clichés de sa fleur favorite.

Trân Bich est né en 1946 à Nha Trang (province de Khanh Hoà, Centre). Actuellement, il vit dans l’arrondissement de Tân Binh, à Hô Chi Minh-Ville. Après avoir décroché le Bac, il se lance dans les affaires. En 2002, il débute la photographie «pour se ressourcer dans la nature après des heures de travail stressantes», confie-t-il. C’est en mars 2009, à Mui Khê Gà (Phan Thiêt, province de Binh Thuân, Centre), qu’il se prend de passion pour le lotus. Depuis, il écume les lieux où pousse cette fleur symbole de pureté et d’accomplissement spirituel. Ses pérégrinations photographiques l’ont mené des étangs autour de Hanoi jusqu’au delta du Mékong.


Trân Bich n’hésite jamais à se mouiller pour prendre des photos de lotus dans l’eau ! Photo : Trân Bich/CVN

Trân Bich se souvient du «déclic» à Mui Khê Gà : «Vues de loin, j’ai pensé que c’étaient des roses ou des tulipes. Mais quand j’ai approché, j’ai reconnu le lotus. J’ai pris beaucoup de photos et c’est ce jour-là que la passion m’a pris et ne m’a plus lâché». M. Bich estime que les liens entre la feuille et la fleur du lotus sont semblables au sentiment entre la mère et ses enfants. C’est pourquoi, dans ses œuvres, qui reflètent le cycle de vie de cette plante (de l’épanouissement au flétrissement), feuilles et fleurs coexistent souvent.

Bien qu’il ait participé à trois cours de formation au Club des photographes de Hô Chi Minh-Ville, il considère que la technique n’a qu’un rôle secondaire dans l’obtention d’un bon cliché. «Bien maîtriser la technique, la lumière, le cadrage n’est pas suffisant. Pour bien photographier un sujet, il faut d’abord être passionné. Il faut aussi analyser ses photos déjà prises et en tirer des enseignements». Il est vrai que pour passer des heures à patauger dans les marais infestés de sangsues, avec de l’eau jusqu’au cou parfois, la passion ça aide !

Trân Bich aime particulièrement ses photos de lotus prises dans un marécage de Cu Chi, un district suburbain de Hô Chi Minh-Ville. Peu de fleurs, mais aux tiges particulières. Le photographe les compare avec des victimes de l’agent orange. Bien que malformées, elles sont pleines de vie. «Le lotus, qui s’extirpe de la fange pour s’épanouir en plein air, symbolise la volonté pour surmonter les difficultés».

Quatre records nationaux

Le lotus n’est pas un sujet nouveau des photographes, bien au contraire. On pourrait même dire que c’est un des grands classiques de la photo de nature. Au Vietnam, Trân Bich est celui qui a le plus photographié cette plante. Sous toutes les coutures. Contrairement à la plupart des photographes, il ne se limite pas à la fleur épanouie dans toute sa splendeur, sujet bien trop facile. Non, il s’intéresse aussi aux autres parties de la plante, aux feuilles, aux tiges, à l’infrutescence (le fruit), et ce à toutes les saisons de l’année, même au cœur de l’hiver quand il ne reste plus que des tiges séchées.


Une œuvre de Trân Bich. Photo : Trân Bich/CVN

En quatre ans, Trân Bich a organisé 19 expositions dans diverses localités. La première en septembre 2009 à Hô Chi Minh-Ville et la plus récente de décembre 2012 à janvier 2013 aussi dans la mégapole du Sud. Toutes des expositions à but philanthropique. Près de trois milliards de dôngs ont été collectés à travers ces évènements, aidant à améliorer la vie d’orphelins, de personnes âgées et de malades en situation de précarité, de bons élèves issus de familles pauvres.

Trân Bich a reçu quatre records nationaux : photographe qui a pris les photos les plus originales sur le lotus (juillet 2011), personne qui a organisé le plus d’expositions sur cette fleur (juillet 2011), organisateur du plus grand nombre d’expositions sur le lotus à but philanthropique (septembre 2013) et photographe qui a pris le plus de photos de lotus en étant dans l’eau (mars 2014).

Ce photographe a aussi reçu de nombreux satisfecit du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, de l’Association des patrimoines culturels du Vietnam, des Comités populaires de Hô Chi Minh-Ville, de la province de Dông Thap (delta du Mékong), de la ville de Dà Lat (province de Lâm Dông, hauts plateaux du Centre), de la province de Thua Thiên-Huê (Centre).

Les marionnettes sur l’eau vont-elles séduire l’UNESCO ?

Rares sont les touristes, une fois au Vietnam, à ne pas voir une séance de marionnettes sur l’eau. L’Association vietnamienne des artistes de théâtre compte élaborer un dossier sur cet art pour le présenter à l’UNESCO.

L’«Artiste du Peuple» Lê Tiên Tho, président de l’Association vietnamienne des artistes de théâtre, a lancé l’idée d’élaborer un dossier sur l’art des marionnettes sur l’eau en vue d’une future reconnaissance par l’UNESCO en tant que patrimoine culturel de l’humanité. L’idée a été avancée lors d’un séminaire sur la «Création des numéros de marionnettes sur l’eau de valeur dans la nouvelle ère», tenu récemment à Hanoi. L’objectif, d’après Lê Tiên Tho, est de préserver et développer cet art original, spécificité vietnamienne.

Un art né de la riziculture

Le Vietnam est en effet aujourd’hui le seul pays au monde à conserver intégralement cette forme de spectacle aquatique. Il demeure alors l’héritier d’un patrimoine millénaire. Nées au XIIe siècle, les marionnettes sur l’eau étaient alors intégrées à des rites d’invocation de la pluie. Au fil des années, elles sont devenues le divertissement populaire à l’occasion du Têt traditionnel. D’après les experts, cet art se pratique partout dans le delta du fleuve Rouge et est étroitement rattaché à la vie matérielle et intellectuelle des riziculteurs.


Un numéro des marionettes sur l’eau, donné sur un étang devant la maison communale, s’ouvre sous l’explosion des pétards et rassemble les spectateurs de tout âge du village. Photo : Quy Trung/VNA/CVN

Un spectacle de marionnettes sur l’eau, produite sur une mare ou un étang situé généralement devant la maison communale, rassemble des spectateurs de tout âge du village. Le spectacle, animé par des figurines au caractère irréel et merveilleux dans la peau des personnages, s’ouvre sous l’explosion des pétards, créant une atmosphère de fête extrêmement joueuse et incitante.

Chacun de ces personnages (la marionnette) est une véritable œuvre de sculpture populaire, différent des autres et revêtu d’un caractère propre. Le personnage le plus représentatif de cet art scénique est le garçonnet replet, à la mine réjouie appelé Têu, grassouillet et toujours souriant. Il assume le rôle de prononcer le discours d’ouverture du spectacle et incarne le sens de l’humour et l’optimisme du peuple vietnamien. Sous les mains habiles des meneurs de jeu cachés derrière le rideau, les petites poupées de bois glissent sur l’eau et intèprètent des scènes de la vie quotidienne des paysans. Actuellement, les thèmes sont beaucoup élargis en franchissant les limites de la vie rurale pour aborder l’histoire nationale, voire même les contes étrangers.


Le Théâtre des marionnettes sur l’eau de Thang Long, une adresse incontournable des touristes étrangers à Hanoi. Photo : Thanh Tùng/VNA/CVN

Bien que d’apparence simple, les marionnettes sur l’eau du Vietnam disposent de mécanismes ingénieux qui exigent une manipulation habile et complexe. Chaque région du delta du fleuve Rouge garde en secret les techniques de fabrication et de manipulation des figurines.

Réputation mondiale

Depuis les années 1990, les marionnettes sur l’eau du Vietnam sont présentées aux spectateurs de plusieurs pays à travers le monde. Le Théâtre des marionnettes sur l’eau du Vietnam et le Théâtre des marionnettes sur l’eau de Thang Long ont ainsi parcouru une centaine de pays sur la planète.

Le développement du secteur touristique, avec notamment l’intérêt des touristes étrangers pour les arts traditionnels a donné l’essor à cet art, notamment sur les scènes théâtrales. Un exemple, le Théâtre des marionnettes sur l’eau de Thang Long est devenu une adresse incontournable des touristes étrangers chaque fois qu’ils viennent à Hanoi. L’an passé, ce théâtre a reçu le certificat du «Seul et unique théâtre d’Asie à présenter des numéros de marionnettes sur eau les 365 jours de l’année», remis par l’Organisation des records d’Asie (ARO).

D’après le Pf.-Dr. Lê Thi Hoài Phuong : «Les touristes étrangers aiment cet art car il est unique au Vietnam. Ils sont fascinés par l’ingéniosité des figurines et la dextérité des marionnettistes». Le Vietnam espère ainsi avoir dans le futur un nouveau patrimoine culturel de l’humanité, ce qui permettra de donner davantage de vitalité à cet art traditionnel que sont les marionnettes sur l’eau.

Opposés par la guerre, ils se retrouvent 30 ans après

La photo d’une jeune combattante vietnamienne de petite taille, arme à la main, en train d’escorter un robuste pilote américain capturé lors d’un parachutage en 1965, a fait le tour de différents pays. Rencontre avec Nguyên Thi Kim Lai, l’un des deux personnages du cliché.

La maison de Nguyên Thi Kim Lai se situe dans une ramification de la rue Xuân Diêu de la ville de Hà Tinh (province du même nom du Centre) où elle vit avec sa fille. Âgée de 68 ans, cheveux poivre et sel, visage laissant transparaître l’honnête et la générosité, c’est elle qui, il y a 49 ans, lors des années de la guerre, a capturé vivant un pilote américain, sauté d’un avion en feu. Alors que Kim Lai est en train d’escorter ce prisonnier à l’allure de géant, elle a été prise en photo par le reporter-photographe de guerre Phan Thoan frappé par le contraste qui opposait les deux silhouettes. Le pilote américain Andrew Robinson, haut de 2,2 m et pesant 125 kg avance tête basse. Armée d’un AK équipé d’une baïonnette, Kim Lai marche, quant à elle, d’un pas assuré du haut de son mètre 48 et de ses 37 kg.


Chaque fois qu'elle parle d’Andrew Robinson, Kim Lai repense à la photo qu’elle a prise avec lui en 1995. Photo : TT/CVN

La photo noire et blanche a fait le tour de différents pays à l’occasion de nombreuses expositions et a connu une réputation retentissante si bien qu’elle a figuré sur des timbres. Elle fait aussi partie de la collection «Cent ans des chefs-d’œuvre de la photographie vietnamienne».

«J’ai tiré trois coups de feu en l'air»

La photo historique du reporter-photographe Phan Thoan. Photo : Archives/CVN Mme Kim Lai est née dans le district de Huong Khê de la province de Hà Tinh. Elle grandit durant la guerre. En 1965, la jeune fille de 19 ans décide de faire comme ses amis et de s’engager volontairement dans la milice locale d’autodéfense. Le 20 septembre 1965, toute la région de Huong Khê subit des bombardements de l’armée américaine. Mais l’armée vietnamienne parvient à toucher deux avions. Trois pilotes des avions en feu sautent en parachute et s’enfuient dans la forêt. Kim Lai et les autres ont pour mission d’aller les chercher et de les capturer.

«Vers 17h00 ce jour là, avec mes camarades, nous sommes allés au fin fond de la forêt. Lorsque j’ai entendu des bruits dans une caverne à proximité, je me suis approchée toute seule et j’ai vu un pilote accroupi. J'ai tiré immédiatement trois coups de feu en l'air. L’Américain, tremblant, s’est rendu», se souvient-elle. Kim Lai est alors chargée d’escorter le prisonnier, Andrew Robinson, au poste des autorités locales. En chemin, elle croise le reporter-photographe Phan Thoan qui immortalise la scène.

Un matin du mois de septembre 1995

Après des années de combat, Kim Lai est démobilisée en 1973 et rentre travailler dans un hôpital. Mariée et mère de trois enfants, le spectre de la guerre s’éloigne. Elle vit heureuse et ne pense pas une seconde qu’un jour elle pourrait revoir le pilote d’autrefois à Hà Tinh, sa terre natale.

La retrouvaille en 1995 à Hà Tinh.



Photo : Tuoitre/CVN

«C’était un matin du mois de septembre 1995, j’étais en train de jouer avec mes petits enfants chez le voisin, on m’a dit qu’il y avait des étrangers qui me cherchaient. Je rentre et voit un homme très grand que je reconnais immédiatement : c’est Andrew Robinson. Sans attendre que je le salue, il m’approche et m’embrasse», raconte Mme Kim Lai la voix pleine d’émotions.

Lors de cette rencontre, la Vietnamienne et l’Américain ont pu se remémorer le passé, mais aussi évoquer leur vie actuelle. «Andrew Robinson m’a dit qu’il a voulu revenir au Vietnam pour me retrouver mais ses difficultés financières ne lui permettaient pas de réaliser son projet», confie-t-elle. Pour l’Américain, il lui a fallu attendre 1995 que l’Agence de télévision japonaise NHK l’invite à revenir au Vietnam pour être le personnage du film documentaire Cuôc hôi ngô sau 30 nam (La retrouvaille après 30 ans).

Depuis cette rencontre avec Andrew Robinson, Mme Kim Lai n’a pas eu de nouvelles et souhaiterait pouvoir revoir encore une fois l’Américain.

Des documentaires vietnamiens seront projetés au Royaume-Uni

Le ministre de l'Information et de la Communication Nguyên Bac Son a remis mardi 29 avril à l'ambassade du Vietnam au Royaume-Uni 70 documentaires sur le Vietnam, lesquels ont pour fin d'être projetés auprès du public européen.

L'ambassadeur du Vietnam au Royaume-Uni, Vu Quang Minh, a déclaré que ces documentaires seraient présentés à la communauté vietnamienne à l'étranger ainsi qu'aux amis internationaux pour qu'ils puissent mieux comprendre le Vietnam, sa culture et ses politiques.


Les images des villages de métiers traditionnels du Vietnam seront présentés au Royaume-Uni. Photo : CTV/CVN

Les films, sous-titrés en anglais, traitent de nombreux thèmes comme les relations de partenariat stratégique Vietnam - Royaume-Uni, les eaux nationales du Vietnam, le gouvernement et l'Assemblée nationale, l'intégration et le développement du pays, des villages de l'artisanat traditionnel, des fêtes traditionnelles et la gastronomie.

Lors de la cérémonie marquant cet événement à l'ambassade, le ministre Nguyên Bac Son a insisté sur la politique conséquente du Vietnam qui est de considérer la communauté vietnamienne à l'étranger comme une partie intégrante de la nation. Et d'espérer que la diaspora vietnamienne au Royaume-Uni continuera de s'entraider et de préserver la culture traditionnelle du pays.

Le ministre a également saisi cette occasion pour présenter des photos sur la nature vietnamienne prises par ses soins à l'ambassade du Vietnam, et aux associations des Vietnamiens au Royaume-Uni.

Les deux visages de la campagne vietnamienne

La campagne vietnamienne est très connue pour ses rizières, ses villages paisibles entourés de denses massifs de bambou, ses troupeaux de buffles sur les chemins vicinaux. Aujourd’hui, une partie de sa physionomie a changé mais ces images d’Épinal demeurent dans la poésie.

J’ai le plaisir de recevoir en même temps deux cadeaux culturels : deux recueils de poèmes. Le premier, Thôn ca (Chansons rustiques), édition de luxe, gros volume de 800 pages, rassemble les œuvres complètes du poète de la vie rustique Doàn Van Cu (1913-2004). L’autre, intitulé Huong quê (Parfum champêtre) est un modeste cahier d’une trentaine de pages ronéotypées présentant des poèmes de paysans du village de Thanh Vân.

La lecture comparée de ces deux ouvrages nous permet de saisir la différence entre la campagne ancienne et la campagne nouvelle, entre le village traditionnel au temps de la colonisation française et le village évoluant depuis 70 ans, à partir de la Révolution d’Août 1945 qui a rendu l’indépendance au pays.


Buffles, petits pâtres et bambous, des images de la campagne vietnamienne. Photo : Nghê An/CVN

Mon regretté ami Doàn Van Cu était maître d’école à la campagne avant de devenir écrivain professionnel, après le succès de son recueil de poésies Thôn ca (1944). Je me rappelle toujours la visite que je lui ai faite à son village de Dô Quan dans la province de Nam Dinh, province au cœur du delta du fleuve Rouge. C’était vers la fin des années 1940, au début de la guerre de résistance contre la reconquête française du Vietnam. Nos forces populaires encerclaient la garnison française de la ville de Nam Dinh, la campagne environnante dont faisait partie Dô Quan était une zone libre.

Le charme suranné des villages traditionnels

Mon ami m’accueillit en barque, parce qu’en été, les rizières étaient inondées. Le maître d’école aux manières simples et affables était ravi de me faire sentir le charme suranné du village traditionnel, celui qu’il chante dans son recueil Thôn ca. Le village pour lui, c’est «quelques dizaines de paillotes», «une pagode hautement perchée» «le toit de la maison commune», «la haie de bambou protectrice», «une rivière claire tout autour», «un petit temple perdu», «les midis d’été emplis de sons de flûte aérienne qu’écoutent buffles et bœufs au repos, les talus verts émeraudes des rizières, les aboiements de chien à la tombée de la nuit, les cocoricos à l’aurore, le bruit de l’eau écopée au clair de lune, le remue-ménage pendant la moisson, les fêtes printanières sans fin».


Moisson du riz. Photo : Duy Khuong/VNA/CVN 

 Le charme désuet du marché du Têt

Parmi les poèmes de Doàn Van Cu, le marché du Têt est le plus célèbre. Il y décrit l’allégresse collective de tous les villageois à la veille du Nouvel An lunaire. En voici quelques strophes traduites par Pham Huy Thông :
 
«Sur le chemin qui ourle de blanc le rebord des collines verdoyantes,
Les gens des métairies par foules animées se rendent au marché du Nouvel An.
Ils s’en vont joyeusement en longues files sur l’herbe bleutée ;
Bambins en veste rouge qui trottinent, trottinent, 
Vieux, plus rares, qui, s’appuyant sur des bâtons, s’avancent le dos courbé,

Jeunes filles au cache-sein écarlate qui dérobent leurs lèvres pour sourire en silence,
Nourrissons cherchant à glisser leurs têtes près du cache sein maternel…
Deux villageois portant ensemble un cochon suspendu, courent en tête,
Avec un bœuf jaunes amusant à voir attaché à leurs pas.

… Acheteurs et vendeurs entrent et sortent et se pressent à la porte du marché.
Un buffle, dressé sur ses pattes, les yeux mi-clos, fait semblant de dormir 
Pour mieux écouter un client au verbe tonitruant.
Le vendeur d’estampes ployant sous le poids d’une paire de paniers.
Cherche un endroit bien bondé pour s’installer et étaler sa marchandise.
Un lettré s’arc-boutant l’échine sur une planche qui fait lit,
Frotte l’encre au creux de l’encrier et s’applique à calligraphier des poèmes en l’honneur du printemps.

Le vieux maître confucianiste s’arrête et, se lissant la barbiche, 
Lit à voix basse des sentences parallèles inscrites sur du papier rouge.
La vieille aubergiste qui tient boutique tout auprès d’un pagodon vétuste,
A les cheveux par l’eau du temps lavés d’une blancheur éclatante.
Un marchand d’objets du culte, la tête enserrée dans un turban marron,
Assis, remet en ordre un amas de lingots d’or votifs sur une natte.



Le marché du Têt à la campagne. Photo : CTV/CVN

Dans son recueil Thôn ca, Doàn Van Cu relate les travaux et les jours qui se succèdent au rythme des saisons, dans l’ambiance de la sérénité pastorale et de la communion familiale et communale. Il effleure les peines et souffrances des paysans de cette époque. Il préfère mettre dans l’ombre leur misère physique et morale et l’état arriéré de la campagne : rizières en miettes séparées par des talus très étroits, technique agricole millénaire, sentiers boueux, disette latente, obscurité complète pendant la nuit, paillotes délabrées, analphabétisme, oppression et exploitation féroces par des notables locaux et l’administration coloniale.

La vie paysanne au rythme des saisons

Tout cela a disparu depuis une dizaine d’années au village-coopérative de Thanh Vân, à une trentaine de kilomètres de Hanoi. Le recueil Huong quê, œuvre de ses paysans, en témoigne. Ses quelques quarante poèmes, au langage simple mais parfois émouvant par leur naïveté, parlent avec enthousiasme de la prospérité nouvellement acquise. Prenons par l’exemple ce poème de Pham Duy Manh :

«Le paddy dore toutes les maisons, Diguettes, sentiers et routes tous bétonnées Maisons en dur et à étages poussent sans arrêt La pauvreté s’en va, la richesse vient Les vieux paysans touchent leur retraite Les enfants étudient à qui mieux mieux Certains même vont à l’université L’honnêteté règne, plus de manœuvre illégale L’or du paddy a ouvert la porte du bonheur Aux familles et au village». L’homme qui tient la clé de cette porte est M. Thinh, principal dirigeant du village-coopérative de Thanh Vân. Il m’a beaucoup impressionné dès notre première rencontre. Dépassant le cap de la soixante-dix-septaine, il fait très jeune avec sa forte carrure, son teint basané, la vivacité de ses paroles et de ses gestes. La rizière à perte de vue constitue une image typique de la campagne vietnamienne.


Photo : Duy Khuong/VNA/CVN 

Thanh Vân, avec une population de 6.000 habitants, s’était fait depuis longtemps une réputation grâce à sa production du riz Bo Nâu destiné autrefois à la cuisine royale. Mais le riz nourrissait mal l’homme, le rendement était faible, les rizières étaient submergées tout l’été. Il y a même eu des morts d’inanition lors de la famine nationale de 1945. M. Dinh est un paysan pas comme les autres. Il voit loin et voit juste. Pour améliorer le sort de ses co-villageois, il fallait moderniser la riziculture. En premier lieu, restructurer la surface rizicole. Il a persuadé les paysans de rassembler les parcelles éparses pour constituer de vastes champs adaptés à la mécanisation.

Les conditions de vie s’améliorent

Les nouveaux champs quadrillés sont pourvus de routes d’enceintes et de routes intérieures bétonnées reliées aux routes nationales. L’argent pour la construction du réseau routier servant à la mécanisation et aux échangés commerciaux provient de la vente d’une partie des terres coomunales. Avec l’amélioration technique, la production de riz a augmenté en quantité et qualité, elle ne répond plus à la demande. Six pourcents des terres rizicoles de la coopérative sont distribués aux paysans individuellement pour la plantation d’arbres fruitiers et l’élevage plus rentables. C’est ainsi que sont apparues quelque cinquante fermiers ramassant chaque année des centaines de milliards de dông, possédant voitures et camions.


Un portique d'entrée et un arbre séculaire, des caractéristiques d'un village traditionnel du Vietnam. Photo : CTV/CVN

M. Dinh m’a dit en me quittant : «Maintenant que nous n’avons plus faim en matière de nourriture, il faut assouvir notre faim culturelle». Les traits caractéristiques du village traditionnel qu’évoquait Doàn Van Cu dans Chansons rustiques de 1944 ont presque tous disparus au village-coopérative de Thanh Vân de M. Dinh. Le visage de Thanh Vân a changé mais l’âme de l’ancien village demeure avec son émotion spirituelle : culte du Génie tutélaire de la commune, culte familial des ancêtres, attachement à la terre et à la communauté. La réussite de Thanh Vân est malheureusement assez exceptionnelle.

Depuis la Révolution d’Août 1945, les conditions de vie à la campagne se sont beaucoup améliorées. Plus de famine, même pendant les trente années de guerre. Certaines régions se sont enrichies. Mais, dans l’ensemble, comme l’a remarqué le fameux poète paysan Trân Dang Khoa, «les réformes du Dôi moi (Renouveau) de 1986, n’ont qu’un peu élevé le niveau de vie des paysans. Mais elles ne peuvent être une réussite que quand elles réussissent à améliorer la qualité de vie des déshérités de la société, les paysans. La misère sévit encore surtout dans les campagnes reculées. En tout temps, le paysan est malheureux comparé au citadin».

Marché de l’amour de Khâu Vai, entre passé et présent

Chaque année, au 27e jour du 3e mois lunaire, a lieu le marché de l’amour de Khâu Vai. Si auparavant, seuls les anciens amoureux s’y retrouvaient, maintenant on vient aussi y chercher sa moitié.

Le marché de l’amour de Khâu Vai ou Khau Vai, dans le district de Mèo Vac, province de Hà Giang (Nord-Ouest) existe depuis un siècle et tire son origine d’une histoire d’amour contrariée, selon les anciens. Jadis, un garçon d’ethnie Nùng et une fille Giay tombent amoureux. Mais le père de la fille n’accepte pas de laisser sa fille d’une grande beauté à un homme d’une autre ethnie.

Les amoureux décident alors de s’enfuir dans la forêt. Mais quand ils voient les deux tribus se déchirer, ils décident de se séparer, en se promettant de se donner rendez-vous une fois par an au 27e jour du 3e mois lunaire. À la mort du couple qui tombe aussi ce jour, le lieu et le jour de leur rencontre sont devenus le jour et l’endroit des retrouvailles des amoureux de toute la région.


Le marché de l’amour de Khâu Vai est le lieu de retrouvailles des anciens amoureux du district de Mèo Vac et des régions avoisinantes. Photo : Minh Tâm/VNA/CVN

Chaque année, les anciens amoureux des ethnies Nùng, Tày, San Chi, Lô Lô, Dao, Giay, H’Mông se réunissent ce jour. Seuls ou accompagnés de leur époux(se), ils viennent rencontrer leur(s) amour(s) de jeunesse et se rappeler les bons souvenirs du passé où, pour diverses raisons, ils ne sont pas allés jusqu’au mariage. Ce marché de l’amour est devenu aussi le rendez-vous des jeunes du district de Mèo Vac et des régions avoisinantes, qui viennent, eux, chercher leur moitié.

Un rendez-vous, une fête

D’aspect purement sentimental, le marché revêt une signification exceptionnelle dans la vie de ces montagnards. C’est pour cette raison que les autorités locales ont décidé d’organiser chaque année une Semaine culturelle et touristique qui encadre le jour de la tenue du marché. Selon le vice-président du Comité populaire du district de Mèo Vac, Trân Kim Ngoc, chef du comité d’organisation, l’événement vise à préserver la culture locale mais aussi à présenter l’image et la population de cette région.

De nombreuses réjouissances populaires sont prévues tels que jeux traditionnels, concours de beauté, combats de bœufs et de boucs, présentation de spécialités gastronomiques et produits touristiques locaux, etc.

Hà Giang, une destination attrayante pour les visiteurs

Ce premier trimestre, la province de Hà Giang (Nord) a accueilli 137.365 touristes dont près de 25.900 étrangers, permettant à cette localité de réaliser des recettes de 115,3 milliards de dôngs.


Des touristes visitent le parc géologique du plateau calcaire de Dông Van.

Selon Hoàng Van Kiên, directeur du Service provincial de la culture, des sports et du tourisme, cette localité a organisé en 2013 de nombreux événements culturels et sportifs de grande envergure, dont la fête de la flûte des H'Mông, ainsi que les cérémonies de réception du certificat de reconnaissance du culte de la forêt des Pu Peo et du culte des ancêtres des Lô Lô en tant que patrimoine culturel immatériel national. Hà Giang a accueilli 440.000 touristes en 2013 et a pour objectif de faire de même pour 550.000 visiteurs en 2014.


Fête de la flûte des H'Mông.

Ha Giang est une destination attrayante grâce à ses sites comme la Tour nationale du drapeau de Lung Cu, l'ancienne résidence des Vuong, le vieux quartier de Dông Van, le parc géologique du plateau calcaire de Dông Van...

Cette province a créé de nombreux produits touristiques dont de homestay (séjour chez l'habitant), des circuits Vietnam de découverte, de tourisme communautaire...

À la découverte de la beauté sauvage de Binh Lâp

Quand on s’intéresse au tourisme de la province de Khanh Hoà (Centre), on pense toujours aux célèbres plages de Nha Trang et de Cam Ranh. Avec ses plages pittoresques, le hameau de Binh Lâp possède aussi bien des trésors à découvrir.


Les touristes visiter le site touristique de Binh Lâp.

Binh Lâp est situé à environ 90 km de la ville de Nha Trang. Le hameau est bordé par les montagnes d’un côté et par une immense mer de l’autre. La population est répartie sur trois zones : Bai Ngang, Bai Lao et Tau Bê. En 2007, un chemin long de plus de 70 km a été ouvert à travers la montagne, reliant le Comité populaire de Cam Lâp au village de Tàu Bê, situé sur la pointe de Binh Lâp.

Pour y accéder, il faut gravir un chemin sinueux aux pentes raides. On croise des paysages magnifiques, comme des forêts de cocotiers, des zones d’aquaculture et, au loin, la mer bleue. La route mène au village de Tàu Bê. L’activité principale de ses habitants est la pêche.

Des belles plages à découvrir

Binh Lâp compte plusieurs belles plages, dont celle de Bai Ngang qui brille par sa beauté sauvage avec son sable fin, des eaux émeraude et sans déchets et une légère brise. Le littoral a la forme d’un arc de cercle. Une des deux extrémités est constituée d’une très belle plage rocheuse, où l’on peut observer les profondeurs de l’eau cristalline. Certains rochers ont une forme surprenante, si bien que l’on peut se prendre à imaginer la silhouette d’un rhinocéros ou encore d’un hibou. Le sommet des plus hauts rochers est l’endroit idéal pour admirer les fonds sous-marins, la montagne d’en face et les bateaux de pêcheurs au loin.


Certains rochers ont la forme d’un rhinocéros ou encore d’un hibou.

La plage de Bai Lao est elle aussi restée intacte avec ses eaux bleu turquoise et ses vagues douces. Comme la plage de Bai Ngang, elle est en arc de cercle. Les deux plages se relient entre elles pour former le symbole de l’oméga. Les voyageurs tâcherons de ne pas oublier leur appareil photo pour immortaliser les magnifiques paysages.

Binh Lâp est aussi connu pour ses pierres précieuses. Beaucoup pensent que le hameau, situé au pied de la montagne Chua (entre la province de Khanh Hoà et Ninh Thuân), a accumulé de nombreuses gemmes dans ses sols.

En venant à Binh Lâp, on ne fait pas qu’admirer le paysage et savourer un sentiment de tranquillité, on se régale aussi de bons plats de fruits de mer : crevettes, crabe, coquillages...

La voie d’accès à Binh Lâp doit encore être perfectionnée pour que le hameau devienne un site touristique idéal.

Le Vietnam séduit les touristes russes

Malgré le cadre difficile de l’économie internationale et, de ce fait, du secteur du tourisme, les touristes russes sont trois fois plus nombreux à venir passer leurs vacances au Vietnam depuis ces trois dernières années.


La ville de Nha Trang, province de Khanh Hoà (Centre), une destination de choix pour les touristes russes.

La 21e exposition touristique internationale (ETI-2014) qui s’est tenue fin mars à Moscou, la capitale de Russie, a constaté que le nombre de visiteurs russes a fortement augmenté en 2012 et 2013. Le Vietnam devient donc une destination de plus en plus attrayante pour les touristes russes.

Le pays prend une place importante sur les sites Internet russes dédiés au tourisme. Les agences de tourisme le présente comme une destination idéale pour diverses raisons comme son climat tempéré, l’hospitalité des Vietnamiens, ses zones de villégiatures et ses jolies plages. Les destinations les plus connues sont celles de Dà Nang, Phan Thiêt et Nha Trang.

Elles apparaissent systématiquement sur les présentations des tours opérateurs russes. L’agence de tourisme Russoturista a noté sur son site web que Nha Trang constitue la plus célèbre zone de villégiature du Vietnam en raison de son air pur, ses superbes plages de sable blanc et ses rangées de cocotiers.


L’île de Cat Bà, ville de Hai Phong (Nord).

Le site donne également de bonnes appréciations sur les îles ou encore sur les bains d’eaux minérales et les bains de boue. Nha Trang serait donc digne d’une des plus belles baies dans le monde. Mais les touristes russes s’intéressent également aux autres sites du Vietnam, à savoir la capitale de Hanoi, la baie de Ha Long, l’île de Cat Bà, Sa Pa, Hôi An, Dà Lat, Hô Chi Minh-ville, le delta du Mékong, l’île de Phu Quôc, etc.

En 2020, le Vietnam pourrait accueillir jusqu’à un million de touristes russes. Pour atteindre cet objectif, le pays doit poursuivre ses actions de promotion, renouveler la qualité de ses services et améliorer les infrastructures dédiées au tourisme, notamment en se penchant sur la construction d’hôtels supplémentaires.

À Huê, Carabosse le pont Tràng Tiên en lumière

Carabosse, venue de la Région Poitou-Charente pour la seconde fois, a illuminé le pont Tràng Tiên à Huê par 8.000 plateaux de bougies, lesquels se miraient dans la rivière des Parfums qui déroule nonchalamment son écharpe brillante au milieu de douces collines, créant une œuvre artistique originale.


Le pont Tràng Tiên est illuminé par 8.000 plateaux de bougies.

Les festivaliers de Huê ont eu le 18 avril droit à un magnifique spectacle de lumières conçu par la compagnie française Carabosse sur le pont Tràng Tiên qui enjambe la rivière des Parfums.

D’après le réalisateur du programme, Jean-Marie Proust, «Carabosse suspend 3.000 cercles et cuves de bougies sur les 12 travées du pont Tràng Tiên. Sans compter quatre globes de feux sur la rivière des Parfums».

Le spectacle qui devrait rester dans les mémoires de l’ancienne capitale de Huê, a été agrémenté d’une projection vidéo et d’une exposition de photos de Sébastien Laval consacrée aux 54 ethnies vietnamiennes.

La scénographie des spectacles et installations-spectacles de la compagnie Cabosse est souvent de grande ampleur, tout en laissant place à l’intime, à l’émotion, au sens, à la liberté. Elle souhaite "offrir un théâtre de rue généreux qui s’adresse à tous, jouer à transformer l’espace public, malaxer les matériaux de base : une écriture poétique et humaine, la flamme dans tous ses états, le fer, le son, l’humour ".

La Région Poitou-Charentes de France, qui a été le partenaire principal dès le premier Festival de Huê, continue sa mission pour l'édition 2014 afin de mettre en œuvre les projets de coopération dans la culture et le tourisme engagés par la présidente du Conseil régional Ségolène Royal.

Pour la 8e fois, l’ancienne capitale de Huê accueille des artistes venus de tous horizons à l’occasion d’un festival bisannuel sous le thème «Patrimoine culturel, intégration et développement», qui jouit désormais d’une renommée internationale. Au total, 1.000 artistes vietnamiens et 700 artistes étrangers venus de 37 pays sont réunis du 12 au 20 avril avec des spectacles hauts en couleurs.


Une œuvre artistique originale.

Ce grand festival est devenu l’occasion pour les peuples et les ethnies des continents du monde de se retrouver et de présenter les plus belles facettes de leurs cultures, d’ouvrir des opportunités de coopération et de relations d’amitié, ainsi que d’édifier ensemble un monde pacifique et prospère sur la base de l’interculturalité et de la diversité culturelle.

Pour ses valeurs culturelles originales, l’ensemble de l’ancienne Cité impériale de Huê a été reconnu patrimoine culturel mondial par l’UNESCO en 1993. Dix ans plus tard, en 2013, le nha nhac (musique de cour de Huê) a été reconnu patrimoine culturel immatériel et oral de l’humanité.

Le jumelage entre villages, une richesse culturelle du delta du fleuve Rouge

Kinh Bắc est une région culturelle englobant les provinces de Bắc Giang, Bắc Ninh, ainsi que certaines localités voisines de Hanoï. Les populations locales y conservent une tradition millénaire: le jumelage entre villages. Cette entente de «bon voisinage» est pratiquée depuis toujours dans le delta du fleuve Rouge.


Phúc Linh et Hương Câu sont deux villages d’une même commune, Hương Lâm, dans la province de Bắc Giang. Ils se trouvent à 5km l’un de l’autre. Aucun habitant n’est en mesure de dire précisément à quand remonte le jumelage entre les deux villages. Mais les légendes foisonnent, comme celle que nous raconte Tạ Đăng Thịnh, un aîné du village de Phúc Linh: «A l’époque féodale, cette région était peu habitée. C’est avant tout pour faciliter la production et pour se protéger des agresseurs et des catastrophes naturelles que les villages du delta du Fleuve Rouge ont spontanément établi des jumelages. Cette coutume, appelée «kết chạ», consiste donc à créer des villages jumeaux qui s’entraident pour faire face à toutes les difficultés.»

Dans les années 1980, le village de Phúc Linh décida de construire un nouveau chemin. Un matin, les villageois, à peine réveillés, furent surpris de voir que tout ce qui était nécessaire à la construction du chemin était déjà là. Tạ Văn Thuỷ a témoigné de cet événement: «Les villageois de Hương Câu nous avaient amené des cailloux pour la construction du nouveau tracé. Ils l’avaient fait en pleine nuit, à notre insu. Une fois réveillés, nous avons réalisé que quelqu’un avait fait venir des cailloux, disposés en monceaux depuis la maison communale jusqu’à l’entrée du village. C’était comme un miracle!»

Quand on s’adresse aux villageois de Hương Câu, tous nous disent, comme s’il s’agissait d’une évidence, que leurs «frères jumeaux» de Phúc Linh les aident aussi volontiers, et ce en toutes circonstances. Hoàng Văn Lịch est président du comité populaire de la commune de Hương Lâm, celle qui abrite ces deux villages: «Autrefois, pour le travail des champs, on devait utiliser des écopes pour puiser l’eau. Et lorsque les habitants d’un village devaient puiser de l’eau dans une rizière, ceux de l’autre venaient aussitôt leur donner un coup de main. Certains amenaient des buffles pour labourer le champ, d’autres aidaient au repiquage du riz. C’était très efficace.»

La maison communale de Hương Câu est le fruit d’une remarquable architecture traditionnelle. Au début des années 2000, elle était à ce point endommagée que les habitants ont décidé de la restaurer. Lors des préparatifs, tout avait été prévu par les villageois, si ce n’est... les plans de leurs «frères jumeaux» de Phúc Linh bien décidés à les aider. Dans la nuit, toutes les tuiles nécessaires avaient été acheminées sur le site. Phúc Linh a d’ailleurs continué à fournir de la main d’œuvre volontaire à Hương Câu jusqu’à la dernière touche des travaux de restauration. Ngô Văn Kiên, un villageois de Phuc Linh, se souvient: «Lorsqu’on a appris que Hương Câu voulait restaurer sa maison communale, tous les habitants de Phúc Linh ont contribué aux travaux, notamment en y apportant des tuiles. On les a transportées avec nos propres véhicules, selon les moyens de chacun.»

Unis par le jumelage, les habitants des deux villages se considèrent comme faisant partie d’une même fratrie. Quand les uns sont en difficulté, les autres leur viennent en aide, sans la moindre hésitation. Hương Câu appelle Phúc Linh «grand-frère», en retour Phúc Linh qualifie également son voisin de «grand-frère». Cependant, cette question de hiérarchie est sans importance, c’est avant tout une marque de respect qu’un village adresse à son jumeau.

Cette tradition millénaire s’est conservée malgré la vie moderne. Dans le delta du fleuve Rouge, on compte encore aujourd’hui plusieurs «couples» de villages jumelés. C’est le cas de Hoàng Mai et Mai Vũ du district de Việt Yên, dans la province de Bắc Giang; Trâu Lỗ et Kim Lũ du district de Sóc Sơn, en banlieue de Hanoï; et bon nombre d’autres villages dans la province de Bắc Ninh.

Bach Vân, une figure du Ca trù (Chant des courtisanes)

Bach Vân, une des fameuses chanteuses du Ca trù de Thang Long (Hanoi actuelle), a passé près de 30 ans et même sacrifié son bonheur privé pour la relance du Ca trù (« chant des courtisanes »), reconnu patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l'UNESCO.

Une soirée, nous sommes venus dans l'ancienne maison communale de Kim Ngân, 42-44 rue Hàng Bac, à Hanoi, où se tenait un spectacle de Ca trù organisé par le Club de Ca Trù de Hanoi. Une chanteuse au visage triste portant une robe de velours était assise sur une natte au milieu de la salle. Elle jouait avec passion du phach (sorte de castagnettes de bambou) et chantait des paroles mélodieuses. Bien qu’âgée d'environ 50 ans, sa voix était parfaite. A côté d'elle se trouvait un accompagnateur et un percussionniste, qui aident à garder le rythme du chant.

Plus la soirée avançait, plus la voix de la chanteuse était enivrante. Les douces et délicates mélodies, les sons de l’instrument day et du tambour châu recréaient la véritable essence du Ca trù et rappelait l'image d'un spectacle à la cour royale d’antan.

Bach Vân est attachée au Ca trù depuis près de 30 ans. Né en 1957 dans une famille confucianiste du village de Thanh Chuong, province de Nghê An, elle a appris très tôt à réciter des poèmes Tang par son père et à chanter des chansons folkloriques du pays de Nghe An par sa mère.

L’« Artiste émérite » Bach Vân, qui a consacré 30 ans de sa vie au Ca trù.

Depuis d’une trentaine d’années, Bach Vân se produit dans la maison communale Kim Ngân, dans le vieux quartier de Hanoi.

Bach Vân lors du spectacle fêtant la cérémonie inaugurale du film «Sô do» (un sort chanceux) qui dépeint le mode de vie citadin au Vietnam dans les années 1930.

Bach Vân a commencé à chanter le Ca trù dans les années 1980 et depuis, sa vie est attachée à cet art vocal. A ses débuts, Bach Van a été confrontée à d'énormes difficultés qui, cependant, ne l’ont pas découragée. Elle a recherché des documents anciens et appris les techniques de chant auprès d’artistes chevronnés de Hanoi, Hai Duong et Hà Tinh. Et ses nombreux efforts ont été récompensés. Ses professeurs ont été Quach Thi Hô, Nguyên Thi Phuc, Chu Van Du et Pho Thi Kim Duc.

Elle est à l’initiative de la création du club de Ca Trù de Hanoi avec l’espoir de dynamiser ce chant. En 1991, le club a été officiellement créé avec près de 200 membres, devenant ainsi le premier du genre au Vietnam. Depuis, Bach Vân a fait de grands efforts pour le développer. Elle a même payé de sa poche des spectacles gratuits et elle a invité des artistes. Pour assurer la relève, Bach Vân a ouvert des cours pour les jeunes et a aidé le Département des Arts du spectacles, relevant du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, à organiser des festival et colloques sur le Ca trù.

Surtout, elle a réalisé et recueilli des documents pour aider le Département du Patrimoine culturel à compléter le dossier du Ca trù afin de le soumettre à l'UNESCO qui a reconnu officiellement en 2009 cette forme de chant traditionnel comme un patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde d’urgence.

Bach Vân a aussi soutenu avec succès une thèse de maîtrise à l'Institut de recherche sur la culture et est en train de préparer une thèse de doctorat à l'Institut des Sciences sociales. Pour ses grandes contributions, ellea reçu le titre d’«Artiste Emérite».

Le secret de l'île volcanique de Ly Son

Alors qu’on approche de l’île de Ly Son, située dans la province centrale de Quang Ngai, on croit apercevoir les contours d’une tortue errant sur la mer... Cette petite île s’est fait sa renommée grâce à ses plages baignées d’eaux turquoises, un paradis qui d’ailleurs attire du monde. Au delà de ses aspects bucoliques, Ly Son est riche de vestiges historiques.


Peu de gens savent que l'île de Ly Son est une île volcanique. Avec ses magnifiques paysages laissés par ces volcans, l'île est devenue une destination séduisante pour les touristes. Vue de loin une belle journée ensoleillée, l'île de Ly Son ressemble à une pyramide sur la mer avec comme sommet la montagne Thoi Loi. Parmi les cinq montagnes qui forment l'île de Ly Son, Thoi Loi est la plus rocheuse. A son sommet, les touristes ont une vue panoramique sur les champs d'ail qui ressemble à un échiquier et, plus loin, sur la mer bleue immense parsemée de bateaux de pêche.

Selon les personnes âgées de Ly Son, la cuvette du volcan de Thoi Loi abritait autrefois une forêt de différentes essences précieuses et un cours d'eau courait à son pied pour former le ruisseau Chinh. La forêt a été totalement détruite et le ruisseau n'existe plus. Il reste seulement une relique – la pagode Hang (Cave) construite au 16e siècle. En raison de l'impact de la mer, les couches de roches ont été érodées et ont formé une grotte en forme d'une pagode.

Contrairement à la montagne Thoi Loi formée de rochers, celle de Giêng Tiên possède un sol fertile semblable à la terre basaltique du Tây Nguyên (Hauts plateaux du Centre). Les habitants utilisent souvent cette terre rouge pour fertiliser leurs champs d'ail. Grâce à quoi, la variété d'ail cultivé à Ly Son a une saveur particulière. Auprès du cratère du mont Giêng Tiên existe un morceau de terre rouge où aucune plante ne peut croître. Selon les croyances locales, c'est la terre sacrée la plus pure qui a été utilisée par les gens locaux pour les mettre dans le fond des tombes des soldats du Groupe de Kiêm Quan de Bac Hai qui se sont sacrifiés lors d’un combat pour protéger l’archipel de Hoàng Sa (Paracel) sous le règne du roi Minh Mang (1791-1841).

À l'est du mont Giêng Tiên trône une étrange pagode, appelée Duc par les habitants. Là, les touristes apprennent une histoire à propos de la Déesse de la Miséricorde qui s'est rendue sur la mer de Bac Hai pour sauver les pêcheurs en détresse. Voyant les bateaux de pêche coulés par les tempêtes, elle a déchiré sa robe en milliers de morceaux et les a jetés dans la mer. Ils se sont transformés en autant de baleines qui ont sauvé les pêcheurs. Les habitants ont façonné une statue de la déesse de la Miséricorde de 27 m de haut, et l'ont placée dans la pagode, face à la mer, avec l'espoir que la déesse protège les pêcheurs.

Ces trois volcans éteints ne sont plus que de simples buttes, cependant le paysage est merveilleux. Il y a des millions d'années, les coulées de lave se sont déversées directement dans la mer créant des roches de différentes formes qui fascinent les touristes.