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Découvrez le delta du Mékong durant la saison des pluies

Les circuits dans le delta du Mékong durant la saison des pluies promettent aux touristes des expériences inoubliables. Pourquoi attendre ?

Le voyagiste Saigon-tourist vient de lancer plusieurs circuits durant la saison des pluies dans le Nam Bô occidental, avec des départs en continu en octobre et en novembre. Les touristes découvriront les paysages typiques de cette région où, durant cette période, la nature se pare de ses plus beaux atours.


Durant la saison des pluies, le delta du Mékong revêt ses habits de lumière.

Le circuit «Long Xuyên - îlot Ông Hô (Monsieur Tigre) - marché flottant de Long Xuyên» emmènera tout d’abord les voyageurs à la découverte du village floral de Sa Dec, l’un des plus grands du Vietnam. On y trouve de nombreuses espèces exotiques, bonsaïs et autres plantes ornementales âgées de plus d’un siècle.

Vient ensuite le marché flottant de Long Xuyên, sur le fleuve Hâu. Il s’agit de l’un des rares marchés flottants du delta du Mékong qui a conservé son caractère originel. Bien qu’il ne soit pas aussi grand et animé que le marché flottant de Cai Rang, à Cân Tho, en arrivant au marché flottant de Long Xuyên, les visiteurs prennent la mesure du mode de vie difficile des locaux.

Comparé au village flottant de Tonlé Sap, au Cambodge, mais en plus petit, celui de Long Xuyên ne cessera de vous surprendre. Ici, hommes, animaux de compagnie et marchandises cohabitent et naviguent ensemble sur l’eau. Du commerce à la pêche en passant par les activités et tâches quotidiennes, tout s’y passe.

En choisissant le circuit «Cao Lanh - Parc des oiseaux Tam Nông - Zone touristique de Dông Sen», les touristes auront la chance d’explorer les magnifiques paysages du parc national de Tràm Chim - l’une des huit plus grandes réserves d’oiseaux du Vietnam, et la 2000e zone humide (Ramsar) du monde. Elle se trouve dans la zone touristique de Dông Thap Muoi (Plaine des joncs).

Le Tây Bac impulse le développement de l’industrie sans fumée

Coordination pour promouvoir le tourisme - moteur du développement économique de la région Tây Bac (Nord-Ouest)» est l’objectif de cette année, proposé par le Comité de pilotage du Tây Bac. 


Le plateau calcaire de Dông Van, un des très rares parcs géologiques du monde. 

Photo : Minh Tâm/VNA/CVN

Cette année marque les dix ans de l’édification et du développement du Comité de pilotage du Tây Bac. Ce dernier a choisi le sujet «Coordination pour promouvoir le tourisme - moteur du développement économique de la région Tây Bac (Nord-Ouest)» comme son objectif annuel. Cette année même, il assumera l’organisation de la conférence des Comités de pilotage du Tây Bac et Tây Nam Bô (Sud-Ouest) pour une meilleure coordination dans le tourisme.

Ce comité envisage de coopérer avec le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme pour dresser un état des lieux et proposer des mesures de promotion du tourisme local.

Le Tây Bac a des potentialités touristiques immenses. Il le doit en particulier à sa trentaine de groupes ethniques minoritaires, qui ont tous préservé leur identité culturelle. Cette ancienne terre de résistance révolutionnaire abrite des paysages époustouflants, des sites touristiques, historiques merveilleux. Le développement touristique permettra de créer des emplois, de repousser la pauvreté, d’augmenter les revenus des habitants locaux. Mais pour dynamiser son tourisme, le Tây Bac doit impérativement coopérer avec les autres régions du pays.

Malgré ses atouts, le Tây Bac est encore loin d’attirer les foules - à l’exception de Sa Pa bien sûr. En cause, des ressources humaines et infrastructures insuffisantes, le manque d’investisseurs. La région a besoin de capitaux et d’aides du gouvernement.

Cette année, le Comité de pilotage du Tây Bac envisage de renforcer l’organisation de conférences et autres colloques, en coopération avec le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme. En outre, seront organisés des forums pour inciter les investisseurs privés à injecter des fonds dans le tourisme.

Valoriser les potentialités

La région Tây Bac comprend 12 provinces (Hà Giang, Lào Cai, Yên Bai, Lai Châu, Diên Biên, Son La, Hoà Binh, Cao Bang, Bac Kan, Lang Son, Phu Tho et Tuyên Quang) et 21 districts à l’ouest des provinces de Thanh Hoa et Nghê An. Couvrant 28% de la superficie du pays, le Tây Bac compte 11 millions d’habitants. Base de résistance durant la guerre, elle a un rôle stratégique, particulièrement en matière socio-économique et de défense. Ses richesses ne sont pas seulement culturelles, mais aussi naturelles avec ses nombreuses zones protégées qui abritent une faune et une flore que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le pays.


Un marché de la brocatelle, le trait le plus caractéristique de la région montagneuse Nord-Ouest. Photo : Thanh Tùng/VNA/CVN

En plus du tourisme, le Tây Bac regorge de potentialités dans l’agriculture, la sylviculture, l’hydroélectricité et l’exploitation minière. Le développement de la région est l’aspiration de tous ses habitants et aussi une tâche importante pour l’œuvre d’édification et de défense du pays.

Ces dernières années, le dévelop-pement de cette région est l’objet de l’attention particulière du gouvernement. La croissance de son PIB a atteint 11,16% par an durant la période 2005-2012. Le taux de pauvreté a diminué annuellement de trois à quatre points.

Malgré tout, le Tây Bac reste la région la plus pauvre du pays. L’écart de revenu avec les autres localités est notable. Les conditions de vie des habitants des zones reculées sont encore difficiles. En 2013, le revenu per capita était de 21,5 millions de dôngs, bien inférieur à la moyenne nationale. En outre, la coordination entre ses provinces, le Tây Bac et les autres régions reste limitée.

Depuis 2009, le Comité de pilotage s’est concentré sur le renforcement de la direction, des contrôles de l’exécution des directives, arrêtés et l’élaboration de programmes et projets. L’accent a été mis sur l’investissement dans les infrastructures, les ressources humaines ainsi que la lutte contre la pauvreté.

Chaque année, le Comité de pilotage définit un thème d’action. En 2011, il s’agissait du «Renforcement des compétences des cadres d’ethnie H’Mông au sein du système politique de base des communes importantes du Tây Bac». En 2012, du «Développement de la circulation de la région Tây Bac». En coopération avec le ministère des Communications et des Transports, ce comité a élaboré cette année-là un plan de développement des infrastructures de circulation à l’horizon 2015. En 2013, il s’agissait de la «Promotion de l’investissement et du bien-être social». Le Comité de pilotage a organisé deux conférences : «Promotion de l’investissement et bien-être social dans la province de Tuyên Quang» et «Amélioration de l’environnement d’investissement, du commerce et attrait des projets d’aides publiques pour le développement et des ONG dans la province de Phu Tho».

Au cœur des activités figurent toujours la lutte contre la pauvreté et la précarité, une priorité pour laquelle ledit comité cherche toujours à solliciter la participation des entreprises, des investisseurs privés et des localités.

En marge de Diên Biên Phu : Nous autres Puôc

Diên Biên Phu est le site de la première victoire d’un pays colonisé sur un pays colonisateur. Aujourd’hui, il est placé sous la tutelle administrative de la province de Diên Biên qui compte beaucoup de groupes ethniques minoritaires, dont les Puôc.

Le nom Diên Biên Phu a fait le tour du monde. Il figure dans les dictionnaires usuels d’un grand nombre de pays. Le Petit Larousse, par exemple, parle ainsi de la bataille de Diên Biên Phu : «13 mars - 7 mai 1954 : défaite française pour le Viêt-minh dans le haut Tonkin, suivie par les Accords de Genève, elle marque la fin de la guerre d’Indochine». Parmi les groupes ethniques minoritaires à Diên Biên, le groupe majoritaire est constitué par les Thai qui prédominent d’ailleurs dans le Tây Bac (Nord-Ouest) montagneux. L’un des groupes les moins nombreux, celui de Puôc, mérite d’être mieux connu des peuples frères du Vietnam et de retenir l’attention des ethnographes.

Une population de 23.000 personnes

Selon les recensements démographiques en 2009, les Puôc, au début appelé Xinh Mun, Xa ou Pua, comptent 23.278 personnes, présentes dans 22 des 63 villes et provinces. Ils appartiennent au groupe ethnolinguistique austro asiatique (Môn-Khmer). Ils comportent deux branches : les Dza et les Nghet. Ils habitent majoritaiement dans trois provinces Diên Biên, Lai Châu et Son La, régions à proximité de la frontière Vietnam-Laos et traversée par la rivière Noire.


Des vétérans vietnamiens visitent en mars dernier la colline A1, une des positions militaires les plus fortifiées dans la bataille de Diên Biên Phu en mai 1954.
Photo : VNA/CVN

Leurs hameaux qui regroupent chacun une dizaine de foyers sont disséminés dans l’enceinte des villages Thai. Les maisons des Puôc, paillotes sur pilotis, sont caractérisées par leur toit bombé rappelant une carapace de tortue. L’agriculture reste en partie primitive. Beaucoup de foyers pratiquent encore le rây (la culture sur brûlis) cultivant le maïs, le riz et le cotonnier. On emploie des instruments rudimentaires, même le houx et le bâton pour creuser des trous d’ensemencement.

La famille des Puôc est patrilinéaire, monogamique. Le marié doit habiter chez sa femme de six à huit ans pour servir sa belle famille avant de revenir chez lui avec se femme. Les femmes accouchent, accroupies près de l’âtre. Le cordon ombilical est mis dans un tube de bambou qu’on suspend en cachette à un arbre dans la forêt. Quand une personne est morte, on tire un coup de fusil pour annoncer son décès à tout le village. Un garçon de la famille jette trois cailloux de l’âtre sur l’autel des ancêtres pour exprimer la colère de Génie du Foyer à cause de la perte d’un de ses sujets. Le corps du mort est lavé avec une décoction d’herbes odorantes. On met quelques sapèques dans sa bouche, pour son voyage dans l’au-delà.

Animisme et polythéisme

La vie spirituelle des Puôc est marquée par l’animisme et le polythéisme. Le principal culte est réservé aux ancêtres, de deux générations, parents et grands-parents. Les ascendants à partir des arrières grands-parents sont devenus les esprits du rây et du hameau. L’autel des ancêtres occupe le coin d’honneur de la maison. Près de là, dans la cour, on dresse une petite case abritant l’autel des ancêtres de la belle famille.


Les Puôc appelé aussi Xinh Mun, Xa ou Pua, comptent 23.278 personnes, présentes dans 22 des 63 villes et provinces. Photo : CTV/CVN

Au temps de la colonisation française, le Puôc était le paria des parias. Menacé d’extinction par le colonisateur français, méprisé par les peuples frères, le peuple Puôc a été sauvé par la Révolution d’Août 1945 dirigée par l’Oncle Hô (1) qui avait libéré le pays et lui a rendu sa dignité. Depuis le gouvernement s’est efforcé de liquider l’arriération mais les progrès sont lents à cause des difficultés économiques nationales, de son isolement, de 30 ans de guerre et surtout des préjugés millénaires. Quoi qu’il en soit les Puôc, aux côtés d’autres minorités ethniques du Nord-Ouest ont participé avec enthousiasme à la guérilla contre l’offensive française, préparant le terrain pour Diên Biên Phu.

Nous publions ci-dessous un poème de cette époque écrit par un Puôc inconnu (traduction de notre regretté ami Georges Boudarel) :

Nous autres Puôc

Qui prétend que nous sommes niais,
Nous autres Puôc ?
Qui insinue perfidement
Que nous craindrions l’ennemi ?
Notre misère, notre faim,
La faute en est aux anciens chefs.
Sans coupe-coupe et sans tissu,
Comment avoir la vie facile ?
Nombreux pourtant sont chez nous
Les garçons à la flèche sûre,
Les filles à la navette habile.
Bien des gens montent dans nos hameaux
Pour des achats ou des trocs.
Notre bouche ignore les beaux discours
Tant de ruisseaux parlent pour nous !

Nos filles à nous, Puôc, n’ont pas de fleurs
Brodées dessus leurs jupes.
Leurs fleurs ce sont leurs lèvres
Et leurs yeux et leurs seins.
Que celui qui veut nous connaître
Ne craigne pas les sentiers raides.
Il entendra chez nous
Le chant des cordes et du bambou.
Etroites sont nos cases, mais vastes nos forêts.


Les filles Xinh Mun en fête. Photo : CTV/CVN


Aux jours de chasse,
Les furets et les quartiers de cerf
S’amoncellent dans nos cours.
Notre hameau de résistance
Caché en plein cœur de la jungle
L’ennemi peut venir renverser la montagne
Et raser la forêt
Jamais il n’en verra même une seule case.
Mais au retour sur son chemin nos guérilleros seront là
À l’attendre.


Pour nourrir l’Armée populaire,
Nous autres Puôc,
Nous avons plus de riz que quiconque.
L’Oncle Hô à notre tête,
Nous voilà devenus habiles,
Nous qui depuis toujours savions déjà
Faire tant et tant de choses,
Nous qui depuis toujours savions déjà
Faire tant et tant de choses. Bien autant que les Mèo !
Bien autant que les Tày !
Nous autres Puôc, nous aimons nos villages,
Et haïssons l’ennemi,
Nos mains sont patientes,
Nos cœurs pleins d’amour pour nos enfants.
À trop nous courber, le dos nous fait mal.
Le jour est venu de nous redresser.
À jamais.

Dien Bien Phu vu d’en face-Paroles de bộ đội

Publié en 2010 par les Éditions Nouveau Monde (France), Dien Bien Phu vu d’en face - Paroles de bộ đội comprend 271 pages. Cette œuvre permet de découvrir enfin Diên Biên Phu «de l’autre côté».

Plus d’un demi-siècle après la bataille de Diên Biên Phu (du 13 mars au 7 mai 1954) et pour la première fois, des témoins et combattants vietnamiens racontent. Dans le livre Dien Bien Phu vu d’en face - Paroles de bộ đội, les témoins sont de toute fonction et de tout grade. Les souvenirs du général Giap, commandant en chef des forces vietnamiennes, les paroles de simples travailleurs, infirmiers, soldats… sont restituées librement. Pour beaucoup d’anciens combattants français, l’ennemi n’avait pour visage que celui des can bô (cadres) aux discours politiques bien rodés ou ces bộ đội (soldats) endoctrinés.


Couvertures des livres +Histoires de ceux qui font l’histoire - Souvenirs de Diên Biên Phu (1954-2009)+ et +Dien Bien Phu vu d’en face - Paroles de bô đôi+. Photo : Dô Hà/CVN

Ce livre lève le voile sur une autre réalité de la vie de ces hommes et de ces femmes qui ont combattu sur le front et à l’arrière. L’ouvrage Dien Bien Phu vu d’en face - Paroles de bộ đội a été présenté à deux reprises en France par leurs auteurs. Il a aidé non seulement les historiens français, les personnes ayant vécu cette époque-là mais aussi la jeune génération qui ne connait pas cet épisode épique à avoir une vue plus claire et détaillée de cette bataille qui a changé le cours de l’histoire au Vietnam.

Une équipe de six auteurs

Dien Bien Phu vu d’en face - Paroles de bộ đội a été réalisé par une équipe de six journalistes vietnamiens, dont un ancien de Diên Biên Phu. Parmi les cinq autres auteurs, deux ont été formés au journalisme en France (à l’École supérieure de journalisme de Lille).

Monument commémoratif de la victoire de Diên Biên Phu dans la commune de Muong Phang, district de Diên Biên, province du nom éponyme.


Photo : Thanh Tùng/VNA/CVN

Selon la journaliste Dào Thanh Huyên, une des auteurs de ce recueil de témoignage, le vétéran Nguyên Xuân Mai a constitué une source d’inspiration qui a permis au groupe de parvenir à réaliser l’ouvrage. Pour elle, Dien Bien Phu vu d’en face - Paroles de bộ đội est le résumé du livre en vietnamien intitulé Chuyện những người làm nên lịch sử - Hồi ức Điện Biên Phủ (1954-2009) (Histoires de ceux qui font l’histoire - Souvenirs de Diên Biên Phu). «Ce livre en vietnamien a été publié en 2009 par les Éditions de la politique nationale au Vietnam à l’occasion de la célébration du 55e anniversaire de la victoire historique du pays», a fait savoir Dào Thanh Huyên.

Récits et souvenirs des vétérans

Si dans le livre en vietnamien l’on trouve les récits et souvenirs de 161 témoins, dans le livre en français, le nombre de témoins a été réduit à 88. «Les histoires racontées par les anciens combattants de Diên Biên Phu sont toutes intéressantes et vivantes. Mais, dans le cadre du 2e livre +Dien Bien Phu vu d’en face - Paroles de bộ đội+, nous avons été obligés de sélectionner les recits que nous pensions les plus lisibles, les plus «parlants» pour les lecteurs francais et francophones, qui ne connaissent pas forcement la bataille», a expliqué Dào Thanh Huyên. Et de rappeler que d’autres ouvrages sur cette bataille ont été publiés en France précédemment, mais uniquement du point de vue des vétérans français.

Ces deux livres confèrent au groupe d’auteurs dont un sentiment du devoir accompli. Ils ont, en quelque sorte, apporté leur pierre à l’édifice du trésor des œuvres relatant la bataille de Diên Biên Phu.

Le quêteur de lotus

Trân Bich est businessman de profession et artiste-photographe de passion. Le lotus occupe une place centrale dans son travail et il n’hésite pas à se mouiller - au sens propre - pour ramener des clichés de sa fleur favorite.

Trân Bich est né en 1946 à Nha Trang (province de Khanh Hoà, Centre). Actuellement, il vit dans l’arrondissement de Tân Binh, à Hô Chi Minh-Ville. Après avoir décroché le Bac, il se lance dans les affaires. En 2002, il débute la photographie «pour se ressourcer dans la nature après des heures de travail stressantes», confie-t-il. C’est en mars 2009, à Mui Khê Gà (Phan Thiêt, province de Binh Thuân, Centre), qu’il se prend de passion pour le lotus. Depuis, il écume les lieux où pousse cette fleur symbole de pureté et d’accomplissement spirituel. Ses pérégrinations photographiques l’ont mené des étangs autour de Hanoi jusqu’au delta du Mékong.


Trân Bich n’hésite jamais à se mouiller pour prendre des photos de lotus dans l’eau ! Photo : Trân Bich/CVN

Trân Bich se souvient du «déclic» à Mui Khê Gà : «Vues de loin, j’ai pensé que c’étaient des roses ou des tulipes. Mais quand j’ai approché, j’ai reconnu le lotus. J’ai pris beaucoup de photos et c’est ce jour-là que la passion m’a pris et ne m’a plus lâché». M. Bich estime que les liens entre la feuille et la fleur du lotus sont semblables au sentiment entre la mère et ses enfants. C’est pourquoi, dans ses œuvres, qui reflètent le cycle de vie de cette plante (de l’épanouissement au flétrissement), feuilles et fleurs coexistent souvent.

Bien qu’il ait participé à trois cours de formation au Club des photographes de Hô Chi Minh-Ville, il considère que la technique n’a qu’un rôle secondaire dans l’obtention d’un bon cliché. «Bien maîtriser la technique, la lumière, le cadrage n’est pas suffisant. Pour bien photographier un sujet, il faut d’abord être passionné. Il faut aussi analyser ses photos déjà prises et en tirer des enseignements». Il est vrai que pour passer des heures à patauger dans les marais infestés de sangsues, avec de l’eau jusqu’au cou parfois, la passion ça aide !

Trân Bich aime particulièrement ses photos de lotus prises dans un marécage de Cu Chi, un district suburbain de Hô Chi Minh-Ville. Peu de fleurs, mais aux tiges particulières. Le photographe les compare avec des victimes de l’agent orange. Bien que malformées, elles sont pleines de vie. «Le lotus, qui s’extirpe de la fange pour s’épanouir en plein air, symbolise la volonté pour surmonter les difficultés».

Quatre records nationaux

Le lotus n’est pas un sujet nouveau des photographes, bien au contraire. On pourrait même dire que c’est un des grands classiques de la photo de nature. Au Vietnam, Trân Bich est celui qui a le plus photographié cette plante. Sous toutes les coutures. Contrairement à la plupart des photographes, il ne se limite pas à la fleur épanouie dans toute sa splendeur, sujet bien trop facile. Non, il s’intéresse aussi aux autres parties de la plante, aux feuilles, aux tiges, à l’infrutescence (le fruit), et ce à toutes les saisons de l’année, même au cœur de l’hiver quand il ne reste plus que des tiges séchées.


Une œuvre de Trân Bich. Photo : Trân Bich/CVN

En quatre ans, Trân Bich a organisé 19 expositions dans diverses localités. La première en septembre 2009 à Hô Chi Minh-Ville et la plus récente de décembre 2012 à janvier 2013 aussi dans la mégapole du Sud. Toutes des expositions à but philanthropique. Près de trois milliards de dôngs ont été collectés à travers ces évènements, aidant à améliorer la vie d’orphelins, de personnes âgées et de malades en situation de précarité, de bons élèves issus de familles pauvres.

Trân Bich a reçu quatre records nationaux : photographe qui a pris les photos les plus originales sur le lotus (juillet 2011), personne qui a organisé le plus d’expositions sur cette fleur (juillet 2011), organisateur du plus grand nombre d’expositions sur le lotus à but philanthropique (septembre 2013) et photographe qui a pris le plus de photos de lotus en étant dans l’eau (mars 2014).

Ce photographe a aussi reçu de nombreux satisfecit du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, de l’Association des patrimoines culturels du Vietnam, des Comités populaires de Hô Chi Minh-Ville, de la province de Dông Thap (delta du Mékong), de la ville de Dà Lat (province de Lâm Dông, hauts plateaux du Centre), de la province de Thua Thiên-Huê (Centre).

Les marionnettes sur l’eau vont-elles séduire l’UNESCO ?

Rares sont les touristes, une fois au Vietnam, à ne pas voir une séance de marionnettes sur l’eau. L’Association vietnamienne des artistes de théâtre compte élaborer un dossier sur cet art pour le présenter à l’UNESCO.

L’«Artiste du Peuple» Lê Tiên Tho, président de l’Association vietnamienne des artistes de théâtre, a lancé l’idée d’élaborer un dossier sur l’art des marionnettes sur l’eau en vue d’une future reconnaissance par l’UNESCO en tant que patrimoine culturel de l’humanité. L’idée a été avancée lors d’un séminaire sur la «Création des numéros de marionnettes sur l’eau de valeur dans la nouvelle ère», tenu récemment à Hanoi. L’objectif, d’après Lê Tiên Tho, est de préserver et développer cet art original, spécificité vietnamienne.

Un art né de la riziculture

Le Vietnam est en effet aujourd’hui le seul pays au monde à conserver intégralement cette forme de spectacle aquatique. Il demeure alors l’héritier d’un patrimoine millénaire. Nées au XIIe siècle, les marionnettes sur l’eau étaient alors intégrées à des rites d’invocation de la pluie. Au fil des années, elles sont devenues le divertissement populaire à l’occasion du Têt traditionnel. D’après les experts, cet art se pratique partout dans le delta du fleuve Rouge et est étroitement rattaché à la vie matérielle et intellectuelle des riziculteurs.


Un numéro des marionettes sur l’eau, donné sur un étang devant la maison communale, s’ouvre sous l’explosion des pétards et rassemble les spectateurs de tout âge du village. Photo : Quy Trung/VNA/CVN

Un spectacle de marionnettes sur l’eau, produite sur une mare ou un étang situé généralement devant la maison communale, rassemble des spectateurs de tout âge du village. Le spectacle, animé par des figurines au caractère irréel et merveilleux dans la peau des personnages, s’ouvre sous l’explosion des pétards, créant une atmosphère de fête extrêmement joueuse et incitante.

Chacun de ces personnages (la marionnette) est une véritable œuvre de sculpture populaire, différent des autres et revêtu d’un caractère propre. Le personnage le plus représentatif de cet art scénique est le garçonnet replet, à la mine réjouie appelé Têu, grassouillet et toujours souriant. Il assume le rôle de prononcer le discours d’ouverture du spectacle et incarne le sens de l’humour et l’optimisme du peuple vietnamien. Sous les mains habiles des meneurs de jeu cachés derrière le rideau, les petites poupées de bois glissent sur l’eau et intèprètent des scènes de la vie quotidienne des paysans. Actuellement, les thèmes sont beaucoup élargis en franchissant les limites de la vie rurale pour aborder l’histoire nationale, voire même les contes étrangers.


Le Théâtre des marionnettes sur l’eau de Thang Long, une adresse incontournable des touristes étrangers à Hanoi. Photo : Thanh Tùng/VNA/CVN

Bien que d’apparence simple, les marionnettes sur l’eau du Vietnam disposent de mécanismes ingénieux qui exigent une manipulation habile et complexe. Chaque région du delta du fleuve Rouge garde en secret les techniques de fabrication et de manipulation des figurines.

Réputation mondiale

Depuis les années 1990, les marionnettes sur l’eau du Vietnam sont présentées aux spectateurs de plusieurs pays à travers le monde. Le Théâtre des marionnettes sur l’eau du Vietnam et le Théâtre des marionnettes sur l’eau de Thang Long ont ainsi parcouru une centaine de pays sur la planète.

Le développement du secteur touristique, avec notamment l’intérêt des touristes étrangers pour les arts traditionnels a donné l’essor à cet art, notamment sur les scènes théâtrales. Un exemple, le Théâtre des marionnettes sur l’eau de Thang Long est devenu une adresse incontournable des touristes étrangers chaque fois qu’ils viennent à Hanoi. L’an passé, ce théâtre a reçu le certificat du «Seul et unique théâtre d’Asie à présenter des numéros de marionnettes sur eau les 365 jours de l’année», remis par l’Organisation des records d’Asie (ARO).

D’après le Pf.-Dr. Lê Thi Hoài Phuong : «Les touristes étrangers aiment cet art car il est unique au Vietnam. Ils sont fascinés par l’ingéniosité des figurines et la dextérité des marionnettistes». Le Vietnam espère ainsi avoir dans le futur un nouveau patrimoine culturel de l’humanité, ce qui permettra de donner davantage de vitalité à cet art traditionnel que sont les marionnettes sur l’eau.

Opposés par la guerre, ils se retrouvent 30 ans après

La photo d’une jeune combattante vietnamienne de petite taille, arme à la main, en train d’escorter un robuste pilote américain capturé lors d’un parachutage en 1965, a fait le tour de différents pays. Rencontre avec Nguyên Thi Kim Lai, l’un des deux personnages du cliché.

La maison de Nguyên Thi Kim Lai se situe dans une ramification de la rue Xuân Diêu de la ville de Hà Tinh (province du même nom du Centre) où elle vit avec sa fille. Âgée de 68 ans, cheveux poivre et sel, visage laissant transparaître l’honnête et la générosité, c’est elle qui, il y a 49 ans, lors des années de la guerre, a capturé vivant un pilote américain, sauté d’un avion en feu. Alors que Kim Lai est en train d’escorter ce prisonnier à l’allure de géant, elle a été prise en photo par le reporter-photographe de guerre Phan Thoan frappé par le contraste qui opposait les deux silhouettes. Le pilote américain Andrew Robinson, haut de 2,2 m et pesant 125 kg avance tête basse. Armée d’un AK équipé d’une baïonnette, Kim Lai marche, quant à elle, d’un pas assuré du haut de son mètre 48 et de ses 37 kg.


Chaque fois qu'elle parle d’Andrew Robinson, Kim Lai repense à la photo qu’elle a prise avec lui en 1995. Photo : TT/CVN

La photo noire et blanche a fait le tour de différents pays à l’occasion de nombreuses expositions et a connu une réputation retentissante si bien qu’elle a figuré sur des timbres. Elle fait aussi partie de la collection «Cent ans des chefs-d’œuvre de la photographie vietnamienne».

«J’ai tiré trois coups de feu en l'air»

La photo historique du reporter-photographe Phan Thoan. Photo : Archives/CVN Mme Kim Lai est née dans le district de Huong Khê de la province de Hà Tinh. Elle grandit durant la guerre. En 1965, la jeune fille de 19 ans décide de faire comme ses amis et de s’engager volontairement dans la milice locale d’autodéfense. Le 20 septembre 1965, toute la région de Huong Khê subit des bombardements de l’armée américaine. Mais l’armée vietnamienne parvient à toucher deux avions. Trois pilotes des avions en feu sautent en parachute et s’enfuient dans la forêt. Kim Lai et les autres ont pour mission d’aller les chercher et de les capturer.

«Vers 17h00 ce jour là, avec mes camarades, nous sommes allés au fin fond de la forêt. Lorsque j’ai entendu des bruits dans une caverne à proximité, je me suis approchée toute seule et j’ai vu un pilote accroupi. J'ai tiré immédiatement trois coups de feu en l'air. L’Américain, tremblant, s’est rendu», se souvient-elle. Kim Lai est alors chargée d’escorter le prisonnier, Andrew Robinson, au poste des autorités locales. En chemin, elle croise le reporter-photographe Phan Thoan qui immortalise la scène.

Un matin du mois de septembre 1995

Après des années de combat, Kim Lai est démobilisée en 1973 et rentre travailler dans un hôpital. Mariée et mère de trois enfants, le spectre de la guerre s’éloigne. Elle vit heureuse et ne pense pas une seconde qu’un jour elle pourrait revoir le pilote d’autrefois à Hà Tinh, sa terre natale.

La retrouvaille en 1995 à Hà Tinh.



Photo : Tuoitre/CVN

«C’était un matin du mois de septembre 1995, j’étais en train de jouer avec mes petits enfants chez le voisin, on m’a dit qu’il y avait des étrangers qui me cherchaient. Je rentre et voit un homme très grand que je reconnais immédiatement : c’est Andrew Robinson. Sans attendre que je le salue, il m’approche et m’embrasse», raconte Mme Kim Lai la voix pleine d’émotions.

Lors de cette rencontre, la Vietnamienne et l’Américain ont pu se remémorer le passé, mais aussi évoquer leur vie actuelle. «Andrew Robinson m’a dit qu’il a voulu revenir au Vietnam pour me retrouver mais ses difficultés financières ne lui permettaient pas de réaliser son projet», confie-t-elle. Pour l’Américain, il lui a fallu attendre 1995 que l’Agence de télévision japonaise NHK l’invite à revenir au Vietnam pour être le personnage du film documentaire Cuôc hôi ngô sau 30 nam (La retrouvaille après 30 ans).

Depuis cette rencontre avec Andrew Robinson, Mme Kim Lai n’a pas eu de nouvelles et souhaiterait pouvoir revoir encore une fois l’Américain.

Des documentaires vietnamiens seront projetés au Royaume-Uni

Le ministre de l'Information et de la Communication Nguyên Bac Son a remis mardi 29 avril à l'ambassade du Vietnam au Royaume-Uni 70 documentaires sur le Vietnam, lesquels ont pour fin d'être projetés auprès du public européen.

L'ambassadeur du Vietnam au Royaume-Uni, Vu Quang Minh, a déclaré que ces documentaires seraient présentés à la communauté vietnamienne à l'étranger ainsi qu'aux amis internationaux pour qu'ils puissent mieux comprendre le Vietnam, sa culture et ses politiques.


Les images des villages de métiers traditionnels du Vietnam seront présentés au Royaume-Uni. Photo : CTV/CVN

Les films, sous-titrés en anglais, traitent de nombreux thèmes comme les relations de partenariat stratégique Vietnam - Royaume-Uni, les eaux nationales du Vietnam, le gouvernement et l'Assemblée nationale, l'intégration et le développement du pays, des villages de l'artisanat traditionnel, des fêtes traditionnelles et la gastronomie.

Lors de la cérémonie marquant cet événement à l'ambassade, le ministre Nguyên Bac Son a insisté sur la politique conséquente du Vietnam qui est de considérer la communauté vietnamienne à l'étranger comme une partie intégrante de la nation. Et d'espérer que la diaspora vietnamienne au Royaume-Uni continuera de s'entraider et de préserver la culture traditionnelle du pays.

Le ministre a également saisi cette occasion pour présenter des photos sur la nature vietnamienne prises par ses soins à l'ambassade du Vietnam, et aux associations des Vietnamiens au Royaume-Uni.

Marché de l’amour de Khâu Vai, entre passé et présent

Chaque année, au 27e jour du 3e mois lunaire, a lieu le marché de l’amour de Khâu Vai. Si auparavant, seuls les anciens amoureux s’y retrouvaient, maintenant on vient aussi y chercher sa moitié.

Le marché de l’amour de Khâu Vai ou Khau Vai, dans le district de Mèo Vac, province de Hà Giang (Nord-Ouest) existe depuis un siècle et tire son origine d’une histoire d’amour contrariée, selon les anciens. Jadis, un garçon d’ethnie Nùng et une fille Giay tombent amoureux. Mais le père de la fille n’accepte pas de laisser sa fille d’une grande beauté à un homme d’une autre ethnie.

Les amoureux décident alors de s’enfuir dans la forêt. Mais quand ils voient les deux tribus se déchirer, ils décident de se séparer, en se promettant de se donner rendez-vous une fois par an au 27e jour du 3e mois lunaire. À la mort du couple qui tombe aussi ce jour, le lieu et le jour de leur rencontre sont devenus le jour et l’endroit des retrouvailles des amoureux de toute la région.


Le marché de l’amour de Khâu Vai est le lieu de retrouvailles des anciens amoureux du district de Mèo Vac et des régions avoisinantes. Photo : Minh Tâm/VNA/CVN

Chaque année, les anciens amoureux des ethnies Nùng, Tày, San Chi, Lô Lô, Dao, Giay, H’Mông se réunissent ce jour. Seuls ou accompagnés de leur époux(se), ils viennent rencontrer leur(s) amour(s) de jeunesse et se rappeler les bons souvenirs du passé où, pour diverses raisons, ils ne sont pas allés jusqu’au mariage. Ce marché de l’amour est devenu aussi le rendez-vous des jeunes du district de Mèo Vac et des régions avoisinantes, qui viennent, eux, chercher leur moitié.

Un rendez-vous, une fête

D’aspect purement sentimental, le marché revêt une signification exceptionnelle dans la vie de ces montagnards. C’est pour cette raison que les autorités locales ont décidé d’organiser chaque année une Semaine culturelle et touristique qui encadre le jour de la tenue du marché. Selon le vice-président du Comité populaire du district de Mèo Vac, Trân Kim Ngoc, chef du comité d’organisation, l’événement vise à préserver la culture locale mais aussi à présenter l’image et la population de cette région.

De nombreuses réjouissances populaires sont prévues tels que jeux traditionnels, concours de beauté, combats de bœufs et de boucs, présentation de spécialités gastronomiques et produits touristiques locaux, etc.

Le mystère du chant de Châu Van

Afin de préserver et de promouvoir le chant de Châu Van, le Centre Culturel Français de Hanoi et le Club de Conservation du chant de Châu Van du Vietnam ont récemment organisé deux soirées de spectacles.
Une danse dans une scène de hâu dông.


Châu Van, également connu sous le nom de hat van ou hat bong, est originaire du delta du fleuve Rouge, plus précisément de la province septentrionale de Nam Dinh. C'est une forme d'art religieux qui combine le chant et la danse réalisée souvent lors du rituel de Hâu dông (médiumnité) de la religion des «Quatre Lieux» ou la Déesse Mère et le Saint Trân (Saint Hung Dao Vuong). Les paroles, souvent recherchées, vantent les mérites de divinités bienfaisantes ou des héros nationaux, et sont accompagnées de musique (tambourin, castagnettes et cymbales, viole à deux cordes, haubois...).

Dans le livre "Kiên van tiêu luc", de Lê Quy Dôn (1726-1784), on peut lire que : «À la dynastie des Trân (1225-1400), il y avait un style de chant exécuté en présence des rois appelé chant de Châu (hat châu)». Le chant de Châu Van se compose de différentes formes de représentation : hat thi ou van thi (compétition de chant), van tho (chants de culte) et van hâu ou chant de lên dông (chant au rituel de Hâu dông).

Le hat thi est souvent vu lors des compétitions. Une seule personne chante. Le chant de culte est effectué les premier et quinzième jours du mois lunaire et les jours de fête des saints. Le chant lên dông joue un rôle important dans le rite de la transe. Au cours du rite, les esprits des saints s'incarnent dans les médiums, qui ensuite dansent au rythme d'airs interprétés par les cung van (chanteurs et instrumentistes).

Les deux soirées de spectacles de Châu Van tenues au Centre Culturel Français de Hanoi ont non seulement présenté à l'audience l'histoire et le développement de ce genre artistique unique, mais ont également reproduit l'espace du chant de Châu Van avec les populaires temples et autres éléments familiers du public.

Des artistes célèbres ont participé: Duc Hai (haubois), Van Khai (viole à deux cordes), Thanh Ha (cithare à 36 cordes en laiton), Xuân Dung (flûte), Thanh Ngoan, Van Chung, Thanh Long, Khac Tu.... Ils ont interprété des spectacles uniques comme «Tam Quan Phu», «Quan Tuân Tranh», «Châu Dê Nhât», «Châu Dê Nhi».

Le Prof.-Docteur Ngô Duc Thinh, chef du Club de préservation du chant de Châu Van du Vietnam, a déclaré: «Le chant de Châu Van est une forme précieuse d'art religieux qui doit être préservé, promu et présenté au public vietnamien et étranger»

Bétel et noix d’arec, une belle culture du Vietnam

Dans la vie spirituelle du peuple vietnamien, la chique de bétel est non seulement une habitude et une coutume, mais aussi un élément culturel traditionnel indispensable, notamment lors des cérémonies de fiançailles et de mariage.

Une vieille coutume

Selon la légende, la coutume de mâcher du bétel existe depuis le règne des rois Hùng. Elle est associée à la "Légende du bétel et de la noix d’arec", qui conte la fidélité d'une femme pour son mari et l'amour entre deux frères qui ont traversé tant de montagnes et ruisseaux pour se retrouver et se transformer en un aréquier, un bétel et un bloc de pierre. Le bétel et la noix d'arec sont utilisés pour entamer les conversations et aident les gens à être plus ouverts. Ils servent d’offrandes lors des cérémonies importantes, telles que fiançailles et mariages, funérailles. Ils sont un symbole de l'amour, de la fidélité, de la fraternité, de la famille et du bonheur.


La chique de bétel était autrefois une pratique de toutes les couches sociales, de la population à la cour royale et elle est devenue une belle caractéristique de la culture traditionnelle. On la trouve pas seulement chez l’ethnie majoritaire Viêt (Kinh), mais aussi chez d'autres groupes ethniques comme les Tày, Nùng, Dzao, Thai, Muong, San Diu dans les régions montagneuses du Nord, les Édé, Bru, et Cham le long de la cordillère de Truong Son, au Tây Nguyên (Hauts Plateaux du Centre), et chez le Khmers au Sud. Les groupes ethniques ont leur manière particulière de chiquer le bétel. Les Muong, Thai et Édé utilisent le bétel pour accueillir leurs visiteurs, les Tày et Nùng lors de la cérémonie de «lier le fil autour des poignets de la jeune mariée et du marié».

Une chique de bétel se compose de quatre matières: un morceau de noix d'arec (au goût sucré), une feuille de bétel (goût piquant), un morceau d'écorce d’Artocarpus du Tonkin (goût amer) et un peu de pâte de chaux (goût chaud). Tous sont mâchés ensemble, offrant un goût acidulé délicieux, avec le jus rouge et de fraîcheur. Le grand arbre d'arec symbolise le ciel (Yang). La chaux symbolise la terre (Yin). La coutume de mâcher du bétel est populaire dans toute l'Asie du Sud-Est.

Parfum et beauté éternels

La coutume de mâcher du bétel au Vietnam existe depuis longtemps, mais se reflète principalement dans les «kits» de bétel sous les règnes des dynasties Ly (1010 - 1225) et Trân (1225 - 1400). Ils comprennent un couteau pour fendre les noix d'arec et le façonnage des feuilles de bétel, un pot à chaux, un tube de pâte de chaux, un petit bâton pour mettre la chaux sur la feuille de bétel, tous de formes très diverses. Il y a aussi des bacs, des cuillères, des paniers, des boîtes, des sacs et des mouchoirs pour contenir les bétel, les noix d'arec et de petits articles. Pour les personnes âgées aux dents faibles, il y a une spatule et un mortier à piler le bétel et la noix d'arec. Dans le kit de bétel, le pot à chaux est un élément indispensable. Dans le passé, il était respecté comme un génie et était appelé le « Génie de la chaux».

Le bétel et des noix d'arec ne servent pas seulement comme offrandes lors des cérémonies traditionnelles, mais aussi sont devenus une image typique de la culture vietnamienne. Elles apparaissent généralement dans les chansons populaires et festivals. Dans le Nord, le village de Cao Nhân, commune de Cao Nhân, district de Thuy Nguyên, à Hai Phong, est connu comme le village de la noix d'arec. À la période de la récolte, des grappes de noix d'arec sont empilées et le village est traversé par de nombreux camions. Dans la région de Doài du village de Phu Lê, commune de Lâm Kiêm, district de Thach Thât, à Hanoï, les pots de bétel et de noix d'arec peuvent être vus partout, des maisons aux maisons communales et dans les champs. Pendant le Festival de Lim (festival du quan ho, chant alterné entre garçons et filles) à Bac Ninh, qui a lieu immédiatement après le Nouvel An lunaire, les filles de la région du Kinh Bac portant un fanchon, une robe à quatre pans et un cache-sein rose ouvrent leurs mouchoirs de bétel pour inviter les hommes, avec du bétel et des noix d'arec en forme d’ailes de phénix...

Dans le Sud, 18 villages de jardins de bétel ont été établis au début du 17e siècle, au moment du défrichement des terres pour construire les villages. Ils se spécialisent dans la culture du bétel pour les six provinces du Sud. Le marché du bétel et de la noix d'arec de la rue Lê Quang Sung, dans le 6e arrondissement de Hô Chi Minh-Ville, est une caractéristique culturelle unique qui embellit la vie spirituelle du peuple vietnamien

Le marché montagnard de Bac Hà : un lieu mythique, une atmosphère

À 60 km environ de la ville de Lào Cai, Bac Hà est le plus grand marché montagnard du Nord. Il a lieu tous les dimanches. Pour les visiteurs, les gens de passage et les commerçants, c’est véritablement un lieu de rencontre.


Le marché de Bac Hà se situe dans le district du même nom (province montagneuse de Lào Cai, Nord). Pour s’y rendre au départ de la ville de Lào Cai, les habitants de la région doivent parcourir environ 74 km, et emprunter la seule et unique voie construite sur le flanc de la montagne, bordée de rizières en gradins de part et d’autre du relief. Alors que nous approchons de notre destination finale, nous apercevons des groupes issus des ethnies minoritaires. Avec leurs chevaux, ils acheminent vers le marché moult produits. Ils rient et parlent bruyamment. Certains sont partis à l’aube, d’autres, ceux qui résident le plus loin, se sont mis en route la veille.

La plupart des chalands se déplacent quant à eux à pied ou à dos de cheval, parcourant parfois des dizaines de kilomètres à travers les sentiers sinueux de la forêt. Les plus aisés prennent la moto. Les touristes, enfin, ont posé leurs valises non loin de là et viennent souvent nombreux visiter ce lieu unique de la région.

Le district de Bac Hà est considéré comme le «chef-lieu» de l’ethnie Mông. On y croise toutefois des Man et des Dao. Chaque semaine, les participants attendent avec impatience l’ouverture du marché dominical. Celui qui a apporté des pousses de bambou, celui qui semble être venu sacrifier un chien et une poule, ils sont plusieurs marchands à venir, non pas pour vendre leurs produits, mais pour l’ambiance qui règne au milieu des étals, pour l’atmosphère non moins conviviale qui suggère à tous les visiteurs d’arborer un large sourire. Pour le plaisir en somme.

Spectacle trépidant de la haute région

Autrefois, le marché de Bac Hà se tenait sur une colline en pente douce. Aujourd’hui, il s’étend sur plus de quatre hectares et a été installé sur une grande place du district de Bac Hà. Lorsque le visiteur arrive au loin, il constate que la nature généreuse ne dissimule nullement les larges motifs multicolores des vêtements en brocatelle filés par les femmes Mông et Dao, que l’on distingue toujours.

Une fois sur place, on y trouve toutes sortes d’objets, d’ustensiles ménagers et d’outils. À l’entrée, le matériel agricole gît pêle-mêle à même le sol et empiète sur le chemin. En général, les stands les plus embouteillés sont les étals de bijoux, de jupes, de vêtements, d’étoffes en brocatelle et de belles hottes en rotin, situés au centre du marché. Les visiteurs, notamment les touristes étrangers, manifestent ici un intérêt particulier pour les tableaux colorés tissés main. En fait, ce bazar a ceci de particulier que les vendeurs n’interpellent jamais le chaland, comme c’est souvent le cas. Au contraire, ce dernier a plutôt tendance à se ruer sur les présentoirs pour trouver l’objet de leur désir. Un spectacle envié par de nombreux commerçants urbains.

La zone consacrée aux buffles et aux chevaux attire enfin davantage les hommes. Les animaux qui y sont exposés ne sont pas destinés à la vente. Ils sont un prétexte pour participer au marché, pour bavarder avec les voisins et les autres paysans de la région. Pour le principe, ils affichent tout de même un prix, la plupart du temps déraisonnable. Le buffle le moins cher coûte entre 20 et 30 millions de dôngs, le plus onéreux peut aller jusqu’à 100 millions. Les chevaux quant à eux font l’objet de longs paris. À savoir lesquels participeront à la prochaine course de Bac Hà, et lequel bien sûr l’emportera. Ils comparent leur prix, leur robe et leurs chances de l’emporter.

Des spécialités gastronomiques

Pas de marché sans spécialité culinaire, et sans dégustation. Les visiteurs raffolent du thắng cố, une soupe de viande de cheval pimentée qui bout sur place, dans un four en terre. Un plat très populaire qui attire toujours les curieux en nombre. Sur place, cinq commerçants profitent du filon et leur stand ne désemplit jamais. En général, pour savourer le thắng cố avec plus d’authenticité, les gourmands l’accompagnent d’un ou plusieurs verres d’alcool de maïs.

L’alcool de maïs Bac Hà est conservé dans des bidons de 20 litres et vendu non loin de ces échoppes de fortune. Une spécialité de Ban Phô, l’une des communes du district de Bac Hà. D’après Giàng Seo Sâu, fabricant expérimenté, «Ban Phô recense plus de 500 foyers et plus de 3.000 personnes. Tous connaissent bien ce métier mais seulement deux tiers en vivent». Cette boisson est produite fin automne, alors que les épis de maïs, cultivés sur les versants de la montagne, sont mûrs et presque rouges. La commune dénombre plus de 300 ha de surface de maïs, trois fois plus que de riz. Les Mông récoltent 1.000 tonnes par an et produisent 400.000 litres d’alcool.

Même si les touristes affluent sur le marché, c’est insuffisant aux dires de certains marchands. À 58 ans, Michael Paul est Irlandais et habite dans l’arrondissement de Hoàn Kiêm (Hanoi). Il a visité 18 fois la province de Lào Cai en dix ans. Chaque fois, il s’est rendu sur le marché. Il partage : «Il y a 12 ans, mon épouse et moi avons fait un voyage à Dông Van (province montagneuse de Hà Giang, Nord). Nous avons été littéralement séduits. Depuis, nous revenons souvent, deux fois par an en moyenne». Et d’ajouter, amusé : «Je suis devenu guide touristique pour mes amis lorsqu’ils me rendent visite. Je sais comment les Man filent leurs sacs de brocatelles, combien de temps les Mông prennent pour concevoir un jupe de plusieurs millions de dôngs», partage-t-il.

Un endroit donc qui mérite le détour, courez-y !

(Source: CVN)

Dât Set, une de pagodes les plus originales du Vietnam

Appelée aussi Buu Son Tu, le pagode Dât Set est non seulement l’unique pagode de la province de Soc Trang, mais encore du delta du Mékong et même du pays. Autre particularité : elle est entièrement en argile !
 
Située dans le delta du Mékong, la province de Soc Trang est connue par ses nombreuses pagodes célèbres comme Chua Doi, Chen Kiêu, Chua Vang… La plus originale de ces pagodes est Dât Set (pagode de l’argile), fondée il y a plus de 200 ans par une famille des Ngô. D’une superficie de 400m², elle est située à 2 km de la ville de Soc Trang.


Ngô Kim Gian (86 ans), chef de cette pagode et un de ses descendants du fondateur Ngô Kim Tây a confié : « Construite en bois en 1909, la pagode Dât Set a été restaurée en 1928 par un fils de Ngô Kim Tây, le moine Ngô Kim Tong. Après un rêve, le moine Ngô Kim Tong a eu l’idée d’utiliser de l’argile pour créer toutes sortes de statues et autres objets cultuels. La restauration a duré 42 ans, jusqu’à son décès, le 18 juillet 1970. En l’espace de 42 ans, il a modelé 1.900 statues de Bouddha et de divinités du panthéon bouddhiste (Amitabha, Avalokitésvara...). Toutes sont de très bonne facture. À la première vue, on pense qu’elles sont faites en métal !».

Un de particuliers de cette pagode, c’est la stupa Da Bao. D’une hauteur de 3,5 m et de treize étages, elle comprend 208 portes et est portée sur le dos de 126 dragons en miniature. En outre, elle possède six lampes stylisés de dragons, des animaux divins : licornes d’or, éléphants et tigres blancs,…

La pagode Dât Set n’est pas seulement connue pour ses statues en argile, mais aussi par ses 8 paires de bougies de 2,6 m de la haut et 1m de sa largueur, créés en 1940 avec 200 kilogrammes de cire chacune. Deux d’entre elles brûlent toujours depuis le décès de Ngô Kim Tong en 1970. Chacune d’elle pourrait brûler de 70 à 80 ans. Les 6 autres attendent leur tour. En outre, cette pagode est connue pour ses trois baguettes d’encens de 1,5 m de haut.

Avec ces originalités, il n’est pas étonnant que cette pagode soit devenue une des destinations touristiques phares du chef-lieu de Soc Trang. Chaque jour, des centaines de touristes et fidèles bouddhistes la visitent.
La pagode est située à 240 km de Hô Chi Minh-Ville et 60 km de la ville de Cân Tho. Pour s’y rendre, plusieurs possibilités : à moto par la Nationale 1 à travers rizières et vergers, autobus de haute qualité que les touristes utilisent pour venir dans la province de Soc Trang. En outre, il a possibilité de s’inscrire à des tours auprès de voyagistes de Hô Chi Minh-Ville ou de la ville de Cân Thơ, pour découvrir cette pagode ainsi que d’autres destinations plus connues du delta du Mékong.

(Source: CVN)